chapitre 81 du Tao Te King (6/6)

Le dernier chapitre du Tao Te King

道德 经   老子   第八十一章

信言不美,美言不信
善者不辯,辯者不善
知者不博,博者不知
聖人不積,既以為人己愈有,
既以與人己愈多
天之道,利而不害;聖人之道
為而不争

xìn yán bù měi měi yán bù xìn
shàn zhě bù biàn ,biàn zhě bù shàn
zhī zhě bù bó, bó zhě bù zhī
shèng rén bù jī , jì yǐ wéi rén jǐ yù yǒu ,
jì yǐ yǔ rén jǐ yù duō
tiān zhī dào, lì ér bù hài ; shèng rén zhī dào
wéi ér bù zhēng

chapitre 81 du Tao Te King de Lao Tseu calligraphié en kaishu en 2022 © corinne leforestier

chapitre 81 du Tao Te King de Lao Tseu calligraphié en xingshu en 2022 © corinne leforestier

 

voici les trois traductions

Les paroles vraies ne sont pas belles
les belles paroles ne sont pas vraies

celui qui sait n’est pas pour autant érudit
celui qui est érudit ne sait pas pour autant

celui qui est bon ne discourt pas
celui qui discourt n’est pas bon

Le sage n’accumule pas pourtant,
plus il fait pour les autres plus il est
plus il donne aux autres plus il a

le tao du ciel profite sans jamais nuire
le tao du Sage est d’œuvrer sans jamais rivaliser.

Traduction de Cheng Wing fun et Hervé Collet – Le vieux sage – de l’accord au cours des choses – éditions Moundarren

Les paroles sincères
Ne sont pas belles
Les belles paroles
Ne sont pas forcément sincères

L’homme bon
N’a pas la langue bien pendue
L’homme qui a la langue bien pendue
N’est pas forcément bon.

Le sage n’a pas
de connaissances étendues
Celui qui a des connaissances étendues
N’est pas forcément sage.

Le sage n’accumule pas les richesses
Plus il aide
Plus il possède;
Plus il donne
Plus il s’enrichit.

Le Tao du ciel
Favorise sans nuire.
Le Tao du sage
Agit sans disputer.

Traduction de Shi Bo

Les paroles vraies ne sont pas agréables;
Les paroles agréables ne sont pas vraies.

Un homme de bien ne discute pas,
L’homme qui discute n’agit pas pour le bien.

Celui qui sait n’est pas un érudit.
Un érudit n’est pas celui qui sait.

Le saint ne réserve rien;
en agissant pour autrui, il possède davantage;
en donnant à autrui, il multiplie
davantage encore sa richesse.

La voie du ciel consiste à avantager sans nuire.
La voie du saint consiste à agir sans rien disputer.

Traduction Liu Kia-Hway et Benedyct Grynpas – philosophes taoïstes I – gallimard nrf

◊◊◊◊◊◊

Exercice calligraphique préparatoire

Tao calligraphié de différentes façons
dào voie, tao

◊◊◊◊◊◊

Le récapitulatif des 5 articles précédents

première phrase
deuxième phrase
troisème phrase
quatrième phrase
cinquième phrase

 

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Sentence du jour tirée du Tao Te King (5/6)

Cinquième phrase du chapitre 81
du Tao Te King de Lao Tseu
道德 经   老子   第八十一章

天之道,利而不害;聖人之道
為而不争

tiān zhī dào, lì ér bù hài ; shèng rén zhī dào
wéi ér bù zhēng

Sentence de Lao Tseu calligraphié en xingcao en 2022 – © Corinne Leforestier

En voici trois traductions

Le tao du ciel profite sans jamais nuire
le tao du Sage est d’œuvrer sans jamais rivaliser.

Traduction de Cheng Wing fun et Hervé Collet – Le vieux sage – de l’accord au cours des choses – éditions Moundarren

Le Tao du ciel
Favorise sans nuire.
Le Tao du sage
Agit sans disputer.

Traduction de Shi Bo

La voie du ciel consiste à avantager sans nuire.
La voie du saint consiste à agir sans rien disputer.

Traduction Liu Kia-Hway et Benedyct Grynpas – philosophes taoïstes I – gallimard nrf

Exercices calligraphiques préparatoires

I – Cinq caractères de cette phrase calligraphiés de bas en haut en kaishu, xingshu, caoshu

de gauche à droite :


zhēng disputer, rivaliser
hài nuire
1. tranchant – 2. favorable, propice – 3. avantage, profit
dào voie, tao
tiān ciel

II – Quatre caractères calligraphiés à partir des modèles de cinq grands calligraphes (extraits du texte “1000 caractères”)

de gauche à droite :

Huai Su 懷素 (737–799) colonne 1

Mi Fu 米芾 (1051-1107) colonne 2

Wen Zheng Ming 文徵明 (1470-1559) colonne 3

Zhi Yong 智永 (581-618) colonnes 4 et 5

Zhao Meng Fu 趙孟頫 (1252-1322) colonne 6

deux autres compositions calligraphiques de la sentence

Dans cette composition verticale, il manque un caractère : lequel ?

Les deux dernières phrases du chapitre 81 calligraphiées ensemble

A suivre dans les semaines à venir
 La calligraphie du chapitre 81 entier en kaishu et en xingshu

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Sentence du jour tirée du Tao Te King (4/6)

Quatrième phrase du chapitre 81
du Tao Te King de Lao Tseu
道德 经 – 老子 – 第八十一章

聖人不積,既以為人己愈有,
既以與人己愈多

shèng rén bù jī , jì yǐ wéi rén jǐ yù yǒu ,
jì yǐ yǔ rén jǐ yù duō

Sentence de Lao Tseu calligraphié en xingcao en 2022 – © Corinne Leforestier

En voici trois traductions

Le sage n’accumule pas pourtant,
plus il fait pour les autres plus il est
plus il donne aux autres plus il a.

Traduction de Cheng Wing fun et Hervé Collet – Le vieux sage – de l’accord au cours des choses – éditions Moundarren

Le sage n’accumule pas les richesses
Plus il aide
Plus il possède;
Plus il donne
Plus il s’enrichit.

Traduction de Shi Bo

Le saint ne réserve rien;
en agissant pour autrui, il possède davantage;
en donnant à autrui, il multiplie
davantage encore sa richesse.

Traduction Liu Kia-Hway et Benedyct Grynpas – philosophes taoïstes I – gallimard nrf

Exercices calligraphiques préparatoires

I – Cinq caractères de cette phrase calligraphiés de bas en haut en kaishu, xingshu, caoshu

de gauche à droite :

accumuler
shèng sage
wéi 1. agir / faire – 2. servir de – 3. devenir / être –4. (préposition) par
de plus en plus
offrir

II – Quatre caractères calligraphiés à partir des modèles de cinq grands calligraphes (extraits du texte “1000 caractères”)

de gauche à droite :

Huai Su 懷素 (737–799) colonne 1

Mi Fu 米芾 (1051-1107) colonne 2

Wen Zheng Ming 文徵明 (1470-1559) colonne 3

Zhi Yong 智永 (581-618) colonnes 4 et 5

Zhao Meng Fu 趙孟頫 (1252-1322) colonne 6

une autre calligraphie de la sentence

A suivre dans les semaines à venir
deux autres articles sur ce sujet
1 – La cinquième phrase (et dernière) du chapitre 81
2 – La calligraphie du chapitre 81 entier en kaishu et en xingshu

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entre ciel et oiseau : une nouvelle peinture

Voici l’une de mes dernières peintures

entre ciel et oiseau – acrylique sur toile 182 x 120 © corinne leforestier

 

C’est presque l’invisible qui luit

C’est presque l’invisible qui luit
au-dessus de la pente ailée ;
il reste un peu d’une claire nuit
à ce jour en argent mêlée.

Vois, la lumière ne pèse point
sur ces obéissants contours
et, là-bas, ces hameaux, d’être loin,
quelqu’un les console toujours.

Rainer Maria Rilke – Les quatrains valaisans

 

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Intermède à la fourmi

LA FOURMI

Une fourmi de dix-huit mètres
Avec un chapeau sur la tête,
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.

Une fourmi traînant un char
Plein de pingouins et de canards,
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.

Une fourmi parlant français,
Parlant latin et javanais,
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.

Eh! Pourquoi pas?

Robert Desnos

 

En ce début 2022, je repense (et pourquoi pas ?) à Robert Desnos qui avait réussi à faire passer pour une comptine (qui fut apprise par de nombreux enfants dans les classes de France), un texte qui dénonçait pour des yeux avertis, la déportation.

Qui ne connaît pas cette poésie “Chantefable” ?

Relisez là avec vos yeux d’adultes en vous disant que la fourmi peut être aussi une locomotive qui emporte en déportation enfants, femmes et hommes de toutes langues…
Et souvenez-vous que Desnos est mort en déportation du typhus le au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie.

La voici chantée par Juliette Greco

Voici aussi une émission de France Culture relatant cela (au bout d’une heure douze d’émission environ pour ceux qui sont pressés).

♦♦♦♦♦

“La fourmi” me rappelle également une exposition du peintre
陈训勇  (Chen Xunyong) que j’avais vue en 2007 à Pékin.
Cette exposition m’avait  frappée ; j’en étais sortie très mal à l’aise… Pourquoi ?

 

 

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un poème de Li Bai – Dans la montagne …

山中問答

Dans la montagne question et réponse

李白
Li Bai (701-762)

問余何意棲碧山
笑而不答心自閑
桃花流水窅然去
別有天地非人間


Vous me demandez pourquoi je perche sur la montagne émeraude
je ris, sans répondre, le cœur libre
les fleurs de pêchers, au fil de l’eau s’éloignent
ciel et terre ici diffèrent du monde ordinaire

Editions moundarren – Li Po buvant seul sous la lune

Un poème de Li Bai calligraphié en xingcao en 2021 – © Corinne Leforestier sur papier de riz 70 x 45

Le poème lu en chinois

 

山中問答  – 李白

問余何意棲碧山
笑而不答心自閑
桃花流水窅然去
別有天地非人間

shān zhōng wèn róng – lǐ bái

wèn yú hé yì qī bì shān
xiào ér bù dā xīn zì xián
táo huā liú shuǐ yǎo rán qù
bié yǒu tiān dì fēi rén jiān

Bonne année 2022
à danser sous la lune ?

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Une poésie de Su Dong Po calligraphiée en trois styles

Une poésie de Su Dong Po de saison,
calligraphiée en trois sytles : kaishu, xingshu, xingcao

書雙竹湛師房

Inscrit sur le mur de la chambre de maître Chan
au temple des deux bambous

蘇東坡
Su Dong Po(1037~1101)

暮鼓朝鍾自擊撞
閉門孤枕對殘釭
白灰旋撥通紅火
臥聽蕭蕭雨打窗

au crépuscule on frappe le tambour, à l’aube on sonne la cloche
porte close, sur l’oreiller solitaire face à la lampe qui s’éteint
je remue les cendres blanches, aussitôt le feu se ravive, rouge
allongé j’écoute « siao siao » la pluie tape à la fenêtre

“Le poêle et le poète et autres plaisirs poétiques de l’hiver” – Edition Moundarren

Une poésie de Su Dong Po calligraphié en xingshu (style courant)  en 2021 – © Corinne Leforestier

蕭蕭 siao siao fait la pluie …

 

Le même poème calligraphié en Kaishu (style régulier)

et en xingcao (mélange de caoshu – style herbe folle et xingshu (style courant)

les 3 ensembles

bonnes fêtes de fin d’année au coin du feu

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un poème de Li Bai -Air ancien (42ème)

古風第四十二首

Air ancien (42ème poème)

李白
Li Bai (701-762)

搖裔雙白歐 鳴飛滄江流
宜與海人狎 豈伊雲鶴儔
寄影宿沙月 沿芳戲春洲
吾亦洗心者 忘機從爾游

Dans un ébrouement d’ailes, deux blanches mouettes
Elles crient en survolant la rivière azurée
Familiers avec ceux qui les aiment vraiment
Comment se lieraient-elles avec les grues mesquines ?
Elles dorment sur le sable au clair de lune
Et jouent en liberté sur les îlots printaniers
je possède moi aussi un esprit purifié
Oubliant mes soucis, pour flâner je vous suis.

Traduction française de Florence Hu-Sterck – Air ancien (42ème poème) poème de Libai destinés aux calligraphes

Un poème de Li Bai calligraphié en xingcao en 2021 – © Corinne Leforestier sur papier de riz 70 x 45

Une autre calligraphie du même poème : voyez-vous les différences ?

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un poème de Li Bai – le mont cuivre

銅山

Le mont cuivre

李白
Li Bai (701-762)

我愛銅官樂
千年未擬還
要須回舞袖
拂盡五松山

 

Traduction mot à mot

Moi aimer / mont Cuivre / joie
Mille années / non penser revenir
Vouloir alors / tournoyer dansantes manches
Frôler d’un coup / cinq-pins colline

◊◊◊◊◊◊

J’aime le mont Cuivre , c’est ma joie
Mille ans j’y resterais sans retour
Je danse à ma guise : ma manche flottante
Frôle, d’un seul coup tous les pins des cimes !

traduction François Cheng  – L’écriture poétique chinoise – Points Essais

Un poème de Li Bai calligraphié en xingcao en 2021 – © Corinne Leforestier sur papier de riz 70 x 45

 

voici une autre  calligraphie de ce même poème. Voyez-vous les différences ?

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Pensées des morts

Les couleurs de l’automne sont là,
et le souvenir d’un beau texte de Lamartine mis en musique et chanté par Brassens revient…

Belle écoute

clue de la peine © Photo – Corinne Leforestier 2021

clue de la peine © Photo – Corinne Leforestier 2021

Pensées des morts

Voilà les feuilles sans sève
qui tombent sur le gazon
voilà le vent qui s’élève
et gémit dans le vallon
voilà l’errante hirondelle
qui rase du bout de l’aile
l’eau dormante des marais
voilà l’enfant des chaumières
qui glane sur les bruyères
le bois tombé des forets

C’est la saison où tout tombe
aux coups redoublés des vents
un vent qui vient de la tombe
moissonne aussi les vivants
ils tombent alors par mille
comme la plume inutile
que l’aigle abandonne aux airs
lorsque des plumes nouvelles
viennent réchauffer ses ailes
à l’approche des hivers

C’est alors que ma paupière
vous vit pâlir et mourir
tendres fruits qu’à la lumière
dieu n’a pas laissé mûrir
quoique jeune sur la terre
je suis déjà solitaire
parmi ceux de ma saison
et quand je dis en moi-même
où sont ceux que ton cœur aime?
je regarde le gazon

C’est un ami de l’enfance
qu’aux jours sombres du malheur
nous prêta la providence
pour appuyer notre cœur
il n’est plus : notre âme est veuve
il nous suit dans notre épreuve
et nous dit avec pitié
Ami si ton âme est pleine
de ta joie ou de ta peine
qui portera la moitié?

C’est une jeune fiancée
qui, le front ceint du bandeau
n’emporta qu’une pensée
de sa jeunesse au tombeau
Triste, hélas ! dans le ciel même
pour revoir celui qu’elle aime
elle revient sur ses pas
et lui dit : ma tombe est verte!
sur cette terre déserte
qu’attends-tu? je n’y suis pas!

C’est l’ombre pâle d’un père
qui mourut en nous nommant
c’est une sœur, c’est un frère
qui nous devance un moment
tous ceux enfin dont la vie
un jour ou l’autre ravie,
emporte une part de nous
murmurent sous la pierre
vous qui voyez la lumière
de nous vous souvenez vous?

Voilà les feuilles sans sève
qui tombent sur le gazon
voilà le vent qui s’élève
et gémit dans le vallon
voilà l’errante hirondelle
qui rase du bout de l’aile
l’eau dormante des marais
voilà l’enfant des chaumières
qui glane sur les bruyères
le bois tombé des forets

Lamartine

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