Sentence du jour tirée du tao te king – discours et bienveillance …

Deuxième phrase du chapitre 81
du Tao te King de Lao Tseu

deuxième phrase du chapitre 81 du tao te king de Lao Tseu calligraphié en 2021 en xingcao par Corinne Leforestier

善者不辯
辯者不善


En voici trois traductions

Celui qui est bon ne discourt pas
Celui qui discourt n’est pas bon

Traduction de Cheng Wing fun et Hervé Collet – Le vieux sage – de l’accord au cours des chose – éditions Moundarren

◊◊◊◊◊

L’homme bon n’a pas la langue bien pendue
L’homme qui a une langue bien pendue n’est pas forcément bon

Traduction de Shi Bo

◊◊◊◊◊

Un homme de bien ne discute pas,
l’homme qui discute n’agit pas pour le bien

Traduction Liu Kia-Hway et Benedyct Grynpas – philosophes taoïstes I – gallimard nrf


Voici les 4 caractères de cette phrase calligraphiés
de bas en haut en kaishu, xingshu, caoshu
Vous reconnaîtrez de gauche à droite :

善 shàn bon; bienveillant – 者 zhě ce; celui-ci – 不 bù négation –
辯 biàn discuter, débattre, contester

 

Intermède à l’éléphant

Ce dessin vous évoque-t-il quelque chose ?

Un proverbe taoïste de circonstance en guise de vaccination sans effets indésirables

calligraphie en xingcao – Corinne Leforestier 2021

自樂平生道

zì lè píng shēng dào

je me réjouis dans la voie de tous les jours

◊◊◊◊◊

Le voici calligraphié en 5 styles différents inspirés de 4 calligraphes célèbres (de gauche à droite) :

mifu 米芾 (1051-1107) colonne 1

wen zheng Ming 文徵明 (1470-1559) colonne 2

Zhi Yong 智永 de la période des sui (581-618) colonnes 3 et 4

zhaomeng fu 趙孟頫 (1252-1322) colonne 5

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un poème de Li Bai – assis seul devant le mont Jingting

獨坐敬亭山

Assis seul devant le mont Jingting

李白
Li Bai (701-762)

眾鳥高飛盡
孤雲獨去閑
相看兩不厭
隻有敬亭山

Les oiseaux s’éloignent très haut et disparaissent
Un nuage solitaire s’efface avec nonchalance
Le mont et l’homme se contemplent sans cesse
Je sens que seul existe le mont Jingting propice

traduction Shi Bo

Un poème de Li Bai calligraphié en xingcao en 2021 – © Corinne Leforestier sur papier de riz 70 x 45

Le même poème calligraphié dans un format plus petit (45 x 35)

Ce quatrain est l’un des plus mystérieux de la poésie Tang.
C’est sans doute pourquoi les traductions varient.
En voici d’autres.

Tout d’abord, la traduction mot à mot du titre avec pinyin

seul
zuò assis
jìng respect hommage
tíng 1-pavillon ;
2-dressé de toute sa hauteur
shān montagne

      –

1
Contemplant le mont Ching-t’ing
Les oiseaux s’envolent, disparaissent.
Un dernier nuage, oisif, se dissipe.
à se contempler l’un l’autre,
il ne reste que le mont Révérence

traduction François Cheng – Entre source et nuage

 2
Seul assis face au mont Chin ting
Les oiseaux s’envolent haut et disparaissent
Un nuage solitaire, oisif, s’éloigne
à nous contempler sans nous lasser
seul le mont Ching ting

traduction Cheng wing fun & Hervé Collet  – Lipo buvant seul sous la lune – Edition Moundarren

3
Assis seul devant le mont respect
Une volée d’oiseaux a disparu.
Indolent dans le ciel – un seul nuage.
Nous regardant tous deux sans nous lasser
Tant qu’il ne reste plus que la montagne.

traduction André Markowicz  – Ombres de Chine

4
Assis devant le mont Jingting
Les oiseaux s’effacent en s’envolant vers le haut
Un nuage solitaire s’éloigne dans une grande nonchalence
Seuls, nous restons face à face, le Mont Jingting et moi
Sans nous lasser jamais l’un de l’autre

traduction JMG Le Clezio / Dong Qiang
Le flot de la poésie continuera de couler

chacun son mont jingting; voici celui de Chaudon

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Wang Wei – Pavillon au fond des bambous

王维 – 竹裏館

Wang Wei (701 – 761)
Pavillon au fond des bambous

Un poème de WangWei calligraphié en xingcao en 2021 -70 x 45 © Corinne Leforestier

獨坐幽簧裏
彈琴複長嘯
深林人不知
明月來相照

Assis, solitaire, dans le bois dense de bambous
Je gratte le luth en chantant à pleine voix
La forêt est profonde, personne ne m’entend
Seule la lune me caresse de sa lumière limpide

Traduction de Shi bo

Une autre calligraphie de ce poème au format 45 x 35

Un proverbe citant le luth

琴韻逐風逝

qín yùn zhú fēng shì

le beau son du luth chevauche le vent doux

2021 : L’année du buffle

Entrons dans cette nouvelle année du buffle avec une peinture sur rocher et un proverbe

Peinture sur rocher au fil des quatre saisons © Corinne Leforestier

 

對牛彈琴

dùi níu tán qín

« Jouer du luth devant les buffles »

ce qui équivaut dans le sens le plus courant à :

« parler à un mur »

calligraphie en xingcao – 2021 – Corinne Leforestier

Il existe une autre interprétation de ce proverbe :
le musicien s’aperçoit que le buffle ne peut pas comprendre les mélodies jouées; il l’observe attentivement et change de rythme. L’animal réagit immédiatement …

Cela me rappelle une histoire arrivée à mon frère. Il s’exerçait à la bombarde (instrument à vent breton).
La fenêtre de sa chambre était ouverte. Les vaches qui se trouvaient dans le champs de l’autre côté de la rivière se sont mises à galoper vers lui et à  danser dans la prairie !

Je vous souhaite pour 2021 de trouver la bonne musique pour enchanter et faire danser le monde qui vous entoure.

Voici pour celles et ceux qui veulent s’exercer à la calligraphie chinoise, ce même proverbe en trois styles.
De gauche à droite : kaishu, xingshu, caoshu.

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Un poème de Tu Fu : écrit nocturne du voyageur

Voici un célèbre poème de Tu Fu
de 40 caractères calligraphié en xingcao

旅夜書懷
杜甫

細草微風岸 危樯獨夜舟
星垂平野闊 月湧大江流
名豈文章著 官應老病休
飄飄何所似 天地一沙鷗

écrit nocturne du voyageur de Tu Fu (712 – 770)
Rive aux herbes menues. Brise légère.
Barque au mât vacillant, seule dans la nuit.
S’ouvre la plaine aux étoiles suspendues ;
Surgit la lune, pressant les flots du fleuve.
L’homme laisse-t-il un nom par ses seuls écrits ?

Vieux, malade, que le mandarin s’efface !
Errant, errant, à quoi ressemblai-je ?
– Mouette des sables entre ciel et terre

Traduction François Cheng – Entre sources et nuages – Albin Michel p 49


Le dernier vers de ce poème en deux calligraphies

天地一沙鷗

tiān dì yī shā ōu


Mouette des sables entre ciel et terre

 

Une autre calligraphie du même poème en six colonnnes

Enfin une dernière calligraphie en quatre colonnes

A bientôt …

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Un poème de Lu Yu : entendant une flûte

Il fait froid et il neige à Chaudon; j’ouvre l’anthologie
« le poêle et le poète et autres plaisirs poétiques de l’hiver » des éditions Moundarren,
la feuillette au coin du feu et m’arrête sur ce poème : « entendant une flûte »
Le texte me plaît, d’autant que j’entends Vahé jouer de sa nouvelle flûte à bec alto en arrière fond.

Je vais voir en fin de recueil quel en est l’auteur et découvre qu’il s’agit de Lu Yu.
Décidément je rencontre souvent ce poète sur mon chemin !

Voici ce poème calligraphié en xingcao

Un poème de Lu Yu calligraphié en xingcao en 2021 – © Corinne Leforestier

聞笛
陸游

雪飛數片又成晴
透瓦清霜伴月明
一曲忽聞高士笛
臨窗和以讀書聲

entendant une flûte de Lu Yu (1125 – 1210)
la neige volette, après quelques flocons déjà l’éclaircie
à travers les tuiles percées le givre sévère accompagne la lune lumineuse
soudain j’entends une mélodie, un homme au cœur noble joue de la flûte
à la fenêtre l’accompagne ma voix qui scande un livre

le poêle et le poète – Edition Moundarren p 79


Le  caractère xuě neige est composé des caractères :
yǔ pluie et shǒu main

Neige : la pluie et la main
la pluie qu’on peut retenir dans la main

雪 en kaishu, xingshu, caoshu de haut en bas

neige

pluie

main

Une autre calligraphie du même poème

 

la neige à Chaudon – hiver 2021

Belles journées…

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Le premier et le dernier caractère de la préface au pavillon des orchidées de Wang Xizhi

Depuis quelques temps déjà, je m’étais promise d’écrire un post sur le premier et le dernier caractère de la célèbre préface du pavillon des orchidées (蘭亭集序) de Wang XiZhi (王羲之 –321-379 ou 303-361).

Regardez attentivement ce fac-similé de l’époque Tang.

La Préface rédigée au pavillon des Orchidées (wikipedia)

En haut à droite, le premier caractère est le caractère 永  : éternel, éternité

En bas à gauche, le dernier est le caractère 文 : écriture, civilisation

Or, ces deux caractères ne sont-ils pas emblématiques ?

De nombreux manuels de calligraphie chinoise présentent le caractère comme un condensé de la technique calligraphique :
il contient les 8 traits fondamentaux à la base du kaishu (écriture régulière)

Quant au  caractère , il pourrait symboliser le fondement même de la calligraphie chinoise.

Selon Cyrille Javary,

L’idéogramme recouvre une vaste plage de sens :
Le premier niveau de sens est: lignes. Toutes les sortes de lignes créées par la nature: les veines dans les bois ou les pierres, les filons dans les mines, les failles dans le jade, etc.
De là il va servir à désigner les lignes observées par les humains, en particulier celles qui formaient les fissurations que les antiques opérations divinatoires faisaient apparaître dans les omoplates de bœufs et les carapaces de tortues.
Puis tout naturellement on a appliqué ce terme aux signes formés de lignes que les devins gravaient directement au poinçon sur les pièces divinatoires pour résumer les informations qu’ils tiraient de la forme de ces fissurations et qui sont devenus… les idéogrammes.
De là surgit le second niveau de sens de ce caractère où se rassemble tout ce qui a trait à la sphère de l’écrit […]
Ensuite, en raison de l’importance de l’écrit dans la pensée chinoise, ce sens va s’élargir jusqu’à signifier: culture et civilisation en général mais aussi: élégance, raffinement, deux niveaux qui se confondent naturellement pour les lettrés qui administrent l’empire deux mille ans durant.

Cyrille Javary – 100 mots pour comprendre les chinois

La légende raconte que Cang Jie, devin de l’empereur jaune, inventa l’écriture.
Il avait quatre yeux et pénétrait tout de son regard :
au-dessus de lui les méandres de la constellation Kui,
et devant lui, les signes de la tortue et les traces des oiseaux.

Voici un portrait de Cang Jie, représenté avec les quatre yeux qui lui permettent de voir les secrets du ciel et de la terre.

Ce portrait est troublant, ne trouvez-vous pas ?

Fixez le cinq minutes …………… vous louchez bien ?

Maintenant, vous êtes prêts à lire les signes que nous ont laissés les mésanges hier :

Alors : que nous ont-elles raconté ?

Comme vous l’aurez deviné, j’aime les histoires, les légendes et les visions qui réenchantent le Monde.

Voici pour commencer 2021 en beauté, une vision de Jean Tardieu  :
un extrait tiré de « l’Homme retrouvé », dernière de ses trois visions de l’Homme.

« Elle évoque pour moi l’attitude d’un homme, qui au lieu d’être effrayé par les énigmes qui se lèvent à tout moment sur ses pas et dont il est, pour ainsi dire, imprégné, s’accoutumerait à concevoir le mystère, le « Surnaturel » et la Contradiction comme une sorte de nécessité de l’être, comme une des conditions indispensables de toute vie, comme inséparable de sa pensée, de la nature et du monde, presque comme une dimension de la réalité. »

[…]

Ce serait plutôt, si l’on veut, une attitude devant la vie, une attitude panique et poétique, car elle s’accompagnerait d’une sorte d’enivrement de l’esprit devant la grandeur de ce qui nous dépasse et nous contient, devant l’infinie diversité des apparences auxquelles nous sommes mêlés. […]

Tardieu Oeuvres – quarto gallimard p 554

 

Bonne année 2021 remplie de mystères à contempler et d’écritures à inventer !


Quelques références à consulter pour ceux qui souhaiteraient approfondir ces sujets :

Wikipedia  : https://fr.wikipedia.org/wiki/Caract%C3%A8res_chinois

Un dossier de la BNF : http://expositions.bnf.fr/chine/arret/1/6.htm

 

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un poème de Cha ching hsing qui parle d’étoiles et de lucioles pour fêter le rapprochement de Saturne et de Jupiter

Dans les nuits du 20 et du 21 décembre 2020, les planètes Saturne et Jupiter seront très proches et visibles à l’œil nu plein sud-ouest juste après le coucher du soleil.

Pour plus de renseignement
le site d’astronomie où j’ai trouvé ces renseignements


Pure coïncidence si je travaillais depuis quelques temps
ce poème de
查慎行 ?

舟中書所見
查慎行

月黑漁見燈
孤光一點螢
微微風簇浪
散作滿河星

nuit dans la barque, décrivant ce que je vois
de Cha ching hsing (1650~1727)

sous la lune assombrie apparaissent les lampes des pêcheurs
la lumière solitaire d’une luciole,
quand le vent léger éveille les vagues,
dispersée remplit le fleuve d’étoiles

« De l’art poétique de vivre en automne » p 76  – Edition Moundarren


Une calligraphie au même format (70 x 45) de ce  poème avec une autre composition

et cette dernière dans un format plus petit (45 x 35)


Chemin faisant j’ai découvert sur le site de la vidéothèque du CNRS
l’histoire de l’une des premières carte astronomique de l’astronomie chinoise antique.

Il s’agit de l’atlas de Dunhuang composé vers 649-684,
sous la dynastie Tang (618-907).

le dieu de la foudre

Pour en savoir plus, vous pouvez :

voir le film de la vidéothèque du CNRS
La carte céleste de Dunhuang

A noter que La vidéothèque du CNRS sera fermée du 24 décembre au 03 janvier inclus.

et écouter l’émission de france-inter
https://www.franceinter.fr/emissions/les-savanturiers/les-savanturiers-14-mai-2017

Bon solstice d’hiver 2020 …

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balade dans le bleu : une nouvelle peinture

Une peinture qui peut se regarder dans quatre sens

Balade dans le bleu – technique mixte sur toile 130 x 90 – 2020 © corinne leforestier

Quelle balade préférez-vous ?

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