Une sentence d’après Su Dongpo en 3 styles calligraphiques

Une sentence d’après Su Dongpo

安得我心空無物
管它斯文何足關

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une sentence calligraphiée en caoshu sur papier de riz 50 x 150

Su Dongpo (1037-1101)
Ecrit sur une peinture célèbre

Comment se peut-il que mon cœur soit vide de toutes choses
Quelle importance a la courtoisie

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Sentence calligraphiée en 3 styles. De gauche à droite :

kaishu : style régulier 楷書
xingshu : style courant 行書
caoshu : style herbe folle 草書


Cette sentence a été inspirée de l’extrait suivant d’un poème de Su Dongpo écrit sur une peinture célèbre :

蘇東坡-書王定國所藏王晉卿畫著色山

我心空無物
斯文定何間
君看古井水
萬象自往還

Totalement vide
est mon cœur
Les courtoisies mondaines
n’ont aucune valeur
Regardez l’eau
d’un puits ancien
Dix mille images
y défilent pour rien

Traductions de Shi Bo

En voici la calligraphie en style courant (xingshu 行書)

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calligraphié sur papier de riz 37 x 50 © 2019 © corinne leforestier


Une autre calligraphie de ce poème retrouvée dans 222 ans sur la route du temps

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Intermède au haricot

— Et si l’ombre de l’avenir se perpétuait dans le passé,
qu’en serait-il des haricots à rame ?
Palabrait un arbrisseau.

— Ne rougiraient-ils pas de confusion ?
Pépiait Petit Moineau.

— Si fait, si haut, qu’en leur feuillage surgirait l’abricot.
Persiflait un tourangeau.

— N’est-ce donc pas cela, qu’on appelle « la fin des haricots » ?
Concluait l’prof de philo.

 

Et pendant ce temps là, le taureau cherchait les épinards
(qu’il finit par trouver)…

Post Scriptum :
Reprise du cours normal de ce blog dans quinze jours.
Mais comme l’écrivait Pierre Dac :

Les prévisions sont difficiles surtout lorsqu’elles concernent l’avenir

Qui peut savoir ?

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Dans le brouillard et l’orage : histoire d’une montagne – une série d’encres récentes

Voici une série d’encres réalisées cet automne inspirées du livre « histoire d’une montagne » du géographe et anarchiste Elisée Reclus, accompagnée de deux  extraits de son livre.

Encre 50 x 40 sur papier de chine marouflée sur lana 76 x 56 – 2019 Corinne Leforestier

DANS LE BROUILLARD

On se trouve comme dans un monde nouveau, à la fois redoutable et fantastique, lorsqu’on parcourt la montagne au milieu du brouillard. Même en suivant un sentier bien frayé, sur des pentes faciles, on éprouve un certain effroi à la vue des formes environnantes, dont le profil incertain tantôt semble osciller dans la brume, qui tantôt s’épaissit, tantôt devient plus claire.

 

DANS L’ORAGE

DANS L’ORAGE

Les arbres, les broussailles qui croissent sur les escarpements dardent leurs rameaux à travers la brume, d’une façon menaçante; parfois même, on ne voit qu’une masse noirâtre serpentant dans l’ombre grise : c’est une branche dont le tronc reste invisible. On a le visage baigné par une fine pluie; les touffes de gazon, les bruyères, sont autant de réservoirs d’eau glacée où l’on se mouille comme à la traversée d’un lac. Les membres se raidissent; le pas devient incertain; on risque de glisser sur l’herbe ou sur le roc humide et de rouler dans le précipice. Des rumeurs terribles remontent d’en bas et semblent prédire un sort fatal; on entend la chute des pierres qui s’écroulent, des branches chargées de pluie qui grincent sur leur tronc, le sourd tonnerre de la cascade et le sinistre clapotement des eaux du lac contre ses rives. C’est avec épouvante que l’on voit la brume se charger de la sombreur du crépuscule et que l’on pense à la terrible alternative de la mort par le dérochement ou par le froid.

Elisée Reclus (1830 – 1905) – Histoire d’une montagne

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Dans le ravin : histoire d’un ruisseau – nouvelle gravure

Dans le ravin : l’une des 4 gravures travaillées cet été.

dans le ravin - histoire ruisseau

aquatinte au sucre sur cuivre 40 x 30 -2019 © Corinne Leforestier

Et deux extraits de « histoire d’un ruisseau » de Elisée Reclus

LE RAVIN

En descendant le cours du ruisseau, dans lequel viennent s’unir le torrent tapageur de la montagne, le ruisselet de la caverne, l’eau paisible de la source, nous voyons à droite et à gauche vallon succéder à vallon, et chacun d’eux, différent des autres par la nature de ses terrains, par la pente, l’aspect général, la végétation, se distingue aussi par la quantité des eaux qu’il apporte au lit commun de la vallée.

Presque en face d’un petit torrent babillard qui bondit avec joie de pierre en pierre pour se mêler à la masse déjà considérable du ruisseau, s’ouvre un ravin très incliné, le plus souvent à sec.

[…]

Il serait donc facile de remonter le ravin dans toute sa longueur sans avoir à se servir de ses mains pour une seule escalade; toutefois, celui qui aime la nature de près méprise le sentier battu et se glisse avec joie dans l’étroit espace ouvert entre les berges. Dès les premiers pas, il se trouve comme séparé du monde. En arrière, un détour de la gorge lui cache le ruisseau et les prairies qu’il arrose; en avant, l’horizon est brusquement limité par une série de gradins d’où l’eau, quand il en coule, descend en cascatelles; au-dessus, les branches des arbres qui bordent le défilé se recourbent et s’entrecroisent en voûte; les bruits du dehors ne pénètrent pas dans cette sauvage vallée presque souterraine.

Elisée Reclus (1830 – 1905) – Histoire d’un ruisseau

Cette gravure peut aussi être vue horizontalement. N’est-ce pas plus facile ainsi, de sauter de rocher en rocher ou de glisser de vasque en vasque ?

Ce phénomène d’inversion de point de vue se produit souvent dans mon travail : quand l’inspiration s’enfuit, je retourne la gravure en cours et la redécouvre d’un œil neuf !

C’est pour cela aussi que je signe au dos ainsi, le regardeur peut y voyager à son gré comme bon lui semble …

J’avais gravé une série de 8 gravures inspirée du même livre du géographe Elisée Reclus  « histoire d’un ruisseau » en 2013. Elles sont à retrouver dans ce diaporama ou sur mon site ici

 

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Un poème de Lu Yu : Crépuscule d’automne

un poème de Lu Yu calligraphié en xingcao en 2019 - © corinne leforestier

un poème de Lu Yu calligraphié en xingcao en 2019 – © corinne leforestier

暮秋 – 陸淤

舍前舍後養魚塘
溪北溪南打稻場
喜事一雙黃蛺蝶
隨人往來弄秋光

Crépuscule d’automne – Lu Yu (1125-1210)

devant la maison, derrière la maison, des étangs où l’on élève des poissons
au nord de la rivière, au sud de la rivière, des aires où l’on bat le riz
joyeux, deux papillons jaunes,
me suivent tandis que je vais et viens pour jouir du paysage d’automne

de l’art poétique de vivre en automne
Edition Moundarren p 55


et voici 2 autres calligraphies du même poème

un poème de Lu Yu calligraphié en xingcao en 2019 - © corinne leforestier

un poème de Lu Yu calligraphié en xingcao en 2019 - © corinne leforestier

les 3 vues ensemble

un poème de Lu Yu calligraphié en xingcao en 2019 - © corinne leforestier

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Les Hommes volants

Les Hommes volants : l’une des 4 gravures travaillées cet été.

les hommes volants

aquatinte au sucre sur cuivre – 30×40 © Corinne Leforestier

Voici un  poème de Fernando Pessoa qui pourrait  faire écho…

♦♦♦♦♦♦

Plutôt le vol de l’oiseau qui passe et ne laisse pas de trace,
que le passage de l’animal, qui reste rappelé par le sol.
L’oiseau passe et s’oublie, et c’est fort bien ainsi.
L’animal, là où il ne se trouve plus et où par conséquent
il ne sert plus de rien,

montre qu’il s’y est trouvé, ce qui ne sert à rien de rien.

Le souvenir est une trahison envers la Nature,
Parce que la Nature d’hier n’est pas la Nature.
Ce qui fut n’est rien, et se rappeler c’est ne pas voir.

Passe, oiseau, passe, et apprends-moi à passer !

Traduit du portugais par Michel Chandeigne, Patrick Quillier et
Marie Antonia Câmara Manuel
Fernando Pessoa : Le gardeur de troupeau – poèmes d’Alberto Caeiro –
Editions Christian Bourgeois 1989

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Un poème de Tsao Song : Journée d’été au pavillon de l’est

un poème de tsao song calligraphoé en xingcao

un poème de tsao song calligraphié en xingcao en 2019 – © corinne leforestier

夏日東齋朝代 -曹松

三庚到秋伏
偶來松檻立
熱少清風多
開門放山入

Journée d’été au pavillon de l’est – Tsao Song (IXe)

derniers tiers de l’été
à l’improviste j’arrive sur la balustrade sous les pins
la chaleur a diminué, le vent frais abonde
j’ouvre la porte et laisse entrer les montagnes

L’art de la sieste et autres plaisirs poétiques
Edition Moundarren p 124


et voici 2 autres calligraphies du même poème

poème de tsao song  calligraphié en xingcao en 2019 - © corinne leforestier

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poème de tsao song  calligraphié en xingcao en 2019 - © corinne leforestier

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Nature en chemin

L’un des motifs récurrents de ses toiles est celui de la route, du chemin, du fleuve qui s’éloigne. Si, en tant qu’élément formel, il a pour fonction de structurer fermement la composition, il agit aussi comme image métaphorique de l’appropriation des lieux par le cheminement, invitant le spectateur à pénétrer plus avant dans le paysage, comme si le peintre désirait l’entraîner sur ses pas pour l’introduire dans ces lieux aimés et maintes fois parcourus. 

Cette citation de Dominique Brachlianoff à propos des peintures de Sisley, pourrait souvent s’appliquer à mon travail artistique.

Le chemin, le sentier, la clue, le ravin : bref tout ce qui fait « passage » se retrouve souvent au cœur de mes œuvres. Elles sont une invitation à la balade quand le paysage s’ouvre devant soi.

Voici une peinture réalisée ce printemps où vous pourrez cheminer.

ur l’eau - technique mixte sur toile 120 x 120 – 2019

Sur l’eau – technique mixte sur toile 120 x 120 – 2019 © corinne leforestier

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Liu chang qing – Salut au départ de l’ermite

劉長卿-送上人

Liu chang qing (709-785) Salut le départ de l’ermite

calligraphié en caoshu – 50 x 70 © Corinne Leforestier

孤雲將野鶴
豈向人間住
莫買沃洲山
時人已知處

Liu chang qing (709-785)
Salut au départ de l’ermite

Un nuage solitaire accompagne
des oies sauvages
Elles ne viennent pas
se loger dans notre monde
N’achète pas la montagne Wozhou
Tu connais déjà où aller

Traduction de Shi Bo

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Un poème de Han Shan

un poème de Ha,Shan calligraphié en caoshu

calligraphié en caoshu sur papier de riz 50 x 70 © Corinne Leforestier

寒山詩

閑遊華頂上
日朗晝光輝
四顧晴空里
白雲同鶴飛

Un poème de Han shan (VII-VIIIè)

oisif je me promène sur le pic fleuri
soleil serein, jour rayonnant
je regarde alentour, le ciel est dégagé
quelques nuages blancs et une grue ensemble volent

Han Shan « merveilleux le chemin de Han shan » – Edition Moundarren


et voici 2 autres calligraphies du même poème

 

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