Il passe dans cette ville (capitale des Song, nommée alors Biànjīng) ses examens impériaux avec brio. C’est le centre de sa vie politique mouvementée.
il y revient en 1085 , dirige le grand secrétariat de l’académie de Hanlin
« long de la rivière pendant le festival Qingming » (détail) – l’oeuvre complète 清明上河圖 de Zhang Zeduan est à retrouver ici
Du fleuve contemplant les montagnes – Su Dongpo(1037~1101)
La vie est comme une ombre fugace,
comme les empreintes d’une oie sauvage sur la neige. Une trace fortuite subsiste dans la boue,
mais l’oie s’envole, pour ne jamais revenir.
Le vieux moine est mort, son nouveau stupa se dresse ;
l’ancienne inscription sur le mur délabré a disparu.
Te souviens-tu encore du chemin escarpé d’antan ?
Le chemin était long, le voyageur las, et l’âne ne cessait de braire.
« Su Tung Po – rêve de printemps » – Edition Moundarren
Su Shi (1037–1101), plus connu sous son nom de plume Su Dongpo, n’est pas seulement le poète le plus illustre de la dynastie Song, il est aussi le symbole d’une vie d’errance et d’intégrité. Ce projet cartographique retrace son itinéraire à travers l’Empire des Song, depuis sa terre natale du Sichuan jusqu’aux confins tropicaux de l’île de Hainan.
Sa trajectoire est celle d’un haut fonctionnaire brillant, dont la carrière fut brisée par les luttes de factions à la cour impériale de Kaifeng (ville nommée Biànjīng (汴京) sous les song). Chaque étape de cette carte raconte une facette de son génie : son dévouement au peuple à Hangzhou et Xuzhou, sa profonde transformation spirituelle lors de son exil à Huangzhou, et sa résilience stoïque face à la dureté des exils du Sud à Huizhou et Danzhou.
À travers ses poèmes, Su Shi a transformé sa géographie de la souffrance en une géographie de la beauté, léguant à la Chine un héritage culturel qui, mille ans plus tard, continue de façonner son paysage littéraire et spirituel.
Dans l’ermitage montagnard de Lu Hu
J’interroge un bucheron au bord de la rivière d’ouest
Il connait la maison de l’ermite au loin
Dans les rochers s’enracinent les arbres anciens
La source limpide galope sur le sable transparent
Mille monts s’effacent dans la pénombre à l’approche de l’orage
Un sentier zigzague à travers les nuages
Les oiseaux se dispersent au soir
La montagne est couverte de fleurs de blé noir
Traduction : Shi Bo
le septième vers
日暮鳥飛散
Les oiseaux se dispersent au soir
Pour rester dans l’atmosphère, le son des oiseaux d’une nuit d’avril 2026 à Chaudon.
On entend un hibou petit duc, un rossignol et quelques grillons.
Liu Zhangqing (709-785) visite au maître taoïste Ch’ang au Ruisseau du sud
tout le long du chemin où je marche,
dans la mousse les traces de ses socques
des nuages blancs reposent au-dessus d’un îlot paisible
des herbes folles obstruent son portail tranquille
sous la pluie passagère, je contemple la couleur des pins
je gravis la montagne, arrive jusqu’à une source
dans cette atmosphère proprement ch’an, les fleurs du ruisseau s’épanouissent
en leur présence j’oublie les mots
Au pavillon de la Grue jaune
Adieu à Meng Haoran qui part pour Guangling – Li Bai (701-762)
Mon vieil ami m’a quitté
au pavillon de la Grue jaune à l’ouest
Il va à Yangzhou
en ce mois de mars de brume et de fleur
Sa voile solitaire se découpe sur le lointain ciel bleu
Je ne vois que le grand cours d’eau
qui s’étire vers l’horizon
traduction Shi Bo
calligraphie en caoshu – corinne leforestier 2025
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Exercices préparatoires
pour chaque vers de droite à gauche :
1 style kaishu (régulier), 2 style xingshu (courant),3 style caoshu (herbe folle), 4 et 5 style de Su Dong Po
Depuis quelque temps je passe l’après-midi dans les ravins à dessiner.
Tous les dessins sont réalisés sur un papier A4.
Pour vous mettre dans l’ambiance, voici un son capté et un texte qui tente de décrire ce que je cherche …
Le pinceau suit le mouvement des feuillages, de l’eau, des rochers du ravin, il saute, danse, virevolte.
Le geste devient malhabile à poursuivre les rayons de lumières, le frémissement du vent.
On perd le fil, on n’y voit plus rien, on en oublie où on est.
Le bruit blanc de l’eau tournoie dans la tête, la trame de l’espace se délite…
Soudain, à nouveau, une forme accroche le regard : vite tremper le pinceau dans l’encre, poser la tache. Est-ce cela ? Non… Mais, presque ! On y était, dans cette feuille du chêne se balançant au vent. On a bien senti le courant d’air.
Quelle jubilation quand le temps d’un dessin, le sentiment du vivant nous traverse.
Tous ces moments de plénitude finiront en gravures ou peintures, et en envies de recommencer à jouer, être là :
commencer cette fois par l’ombre que le rocher jette dans l’eau, suivre les verts bariolés des feuilles jusqu’au ciel, contourner le nuage qui s’évapore déjà, redescendre de branches en branches jusqu’au rocher ensoleillé ; plonger dans l’eau ! Il faut dire, il fait si chaud en cet après-midi de juin…
Corinne Leforestier – Chaudon – juin 2025
Et vous, avez-vous envie de vous perdre dans le paysage ?
Où vous poseriez-vous ?
Le blog prend ses quartiers d’été : prochaine mise à jour le 27 juillet
Ce poème est l’un des plus connus de la poésie Tang.
De nombreuses traductions en ont été faites
1
Tout d’abord, la traduction mot à mot par François Cheng
好雨 / 知時節 bonne pluie / savoir propice saison 當春 / 乃發生 au printemps / alors favoriser vie 隨風 / 潛入夜 suivre vent / furtive pénétrer nuit 潤物 / 細無聲 humecter choses / délicates sans bruit 野徑 / 雲俱黑 sauvages sentiers / nuages tous noirs 江船 / 火獨明 fleuve bateau / fanal seul clair 曉看 / 紅濕處 aube regarder / rouge mouillé lieu 花重 / 錦官城 fleurs alourdies / brocard mandarin ville
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et sa traduction
Bonne pluie, une nuit de printemps La bonne pluie tombe à la bonne saison
Amène le printemps, fait éclore la vie
Au gré du vent, se glissant dans la nuit
Silencieuse, elle humecte toute chose
Sentiers broussailleux noyés dans les nuages
Seul sur le fleuve, le fanal d’une barque
L’aube éclaire le lieu, rouge et trempé :
Fleurs alourdies sur mandarin en pourpre
traduction François Cheng – l’écriture poétique chinoise
2
Nuit de printemps, heureux qu’il pleuve
La pluie bénéfique connaît bien la saison
elle vient opportunément au printemps, ainsi la vie s’anime
suivant discrètement le vent, elle arrive la nuit
elle humecte les choses doucement , sans bruit
au dessus du chemin, dans la campagne, les nuages sont noirs
sur la rivière, dans ma barque, la lueur du feu solitaire
à l’aube, je vais contempler les bosquets rouges détrempés
les fleurs appesanties dans la ville du brocard
traduction Cheng wing fun & Hervé Collet
Tufu une mouette entre ciel et terre
Edition Moundarren
3
Pour saluer la pluie d’une nuit de printemps La bonne pluie reconnaît la saison
Elle apporte la vie la printanière.
La nuit secrète elle a suivi le vent
Sans un bruit douce humectant toute chose.
Sur le sentier les nuages sont noirs
Du feu rougeoie sur un bateau de pêche.
A l’aube tout est rouge et détrempé :
Cheng-du s’est réveillé – ses fleurs sont lourdes.
traduction André Markowicz – Ombres de Chine
4
Pluie bienfaisante par une nuit de printemps La bonne pluie connaît la bonne saison
C’est qu’au printemps tout va germer et pousser
Elle s’insinue dans la nuit en suivant la brise
Elle nourrit soigneusement sans faire de bruit
Sur les sentiers sauvages même les nuages sont noirs
Seule une lumière brille sur un bateau dans la rivière
Au matin, regardez les fleurs rouges imprégnées d’eau
Elles s’épanouissent partout, dans toute la ville de Brocart
traduction JMG Le Clezio / Dong Qiang
Le flot de la poésie continuera de couler
5
Heureux qu’il pleuve une nuit de printemps La pluie bienfaisante connaît la saison ;
Elle survient justement au printemps.
Elle suit le vent pour glisser dans la nuit ;
Humectant les choses silencieusement.
Sur la route de campagne, des nuages noirs ;
Dans la barque sur la rivière, un feu luit.
à l’aube,on voit les massifs rouges mouillés ;
La ville de Brocart est par les fleurs envahie.
traduction Rémy Mathieu
L’anthologie de la poésie chinoise – Gallimard
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Le même poème calligraphié horizontalement vers par vers
Écrit à la frontière de Liangzhou – Wang Zhihuan (688 – 742)
Au loin le Fleuve jaune grimpe
jusqu’aux nuages blancs
Tout près, une forteresse solitaire se blottit
au pied d’une haute montagne
Pourquoi la flûte gémit-elle après les saules ?
Parce que le vent printanier ne franchit jamais la Porte de Jade
traduction Shi Bo
calligraphie du poème « Écrit à la frontière de Liangzhou » – Wang Zhihuan en xingshu – corinne leforestier 2025
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Exercices préparatoires
pour chaque vers de droite à gauche :
1 style kaishu (régulier), 2 style xingshu (courant),3 style caoshu (herbe folle), 4 et 5 style de Su Dong Po
calligraphie dans le style de Su Dong Po
calligraphie du poème « Écrit à la frontière de Liangzhou » – Wang Zhihuan dans le style de sushi – corinne leforestier 2024
L’air triste des saules : sous les tang existait une mélodie célèbre intitulées « briser un rameau de saule ». A cause de l’homophonie entre saule (柳 liǔ) et rester (留 liú) , le rameau de cet arbre que l’on brisait comme cadeau d’adieu est devenu le cliché de la séparation. La passe de la porte de Jade (玉門關 yumen guan) au nord ouest de 地級市 DunHuang (gansu) constituait pour le voyageur de l’époque l’entrée dans l’inconnu. Au-delà, les terres étaient désertiques. Notes – anthologie de la poésie chinoise – Gallimard Pleiade
le voici chanté par un groupe de rock chinois
Le concert est à retrouver ici
Combien sont glaciaux oreiller et couverture !
Je vois la blancheur sur la fenêtre
La nuit profonde la neige lourdement accumulée
De temps à autre me parvient le fracas de bambous cassés
traduction Shi Bo
calligraphie du poème « neige nocturne » de Bai Juyi en xingshu – corinne leforestier 2025
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Exercices préparatoires
pour chaque vers de droite à gauche :
1 style kaishu (régulier), 2 style xingshu (courant), 3 style de Su Dong Po
vers 1
vers 2
vers 3
vers 4
calligraphie dans le style de Su Dong Po
calligraphie du poème « neige nocturne » de Bai Juyi dans le style de sushi – corinne leforestier 2024
une autre calligraphie
calligraphie du poème « neige nocturne » de Bai Juyi en xingshu – corinne leforestier 2025
Monter dans le pavillon Guan Que (cigogne) – Wang Zhihuan (688 – 742)
Le soleil brillant disparaît derrière la montagne
Le fleuve Jaune se jette dans la mer
Si on veut voir plus loin que mille li
Il faut monter encore un étage
traduction Shi Bo
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Exercices préparatoires
pour chaque vers de droite à gauche :
1 style kaishu (régulier), 2 style xingshu (courant),3 style caoshu (herbe folle), 4 style de Su Dong Po