L’hiver dernier, j’ai découvert deux beaux chênes. Depuis, j’ai passé beaucoup de temps à les contempler, les dessiner.

3 dessins à l’encre – format A4 – Corinne Leforestier 2026
Cet été, j’en ai fait une lithographie

Lithographie A3 sur fabriano 250g – Corinne Leforestier 2026
et je suis en train d’en faire une peinture.

le chêne – acrylique sur toile 116 x 90 – Corinne Leforestier 2026
Les deux extraits tirés de « un jour » de Maurice Genevoix m’ont immédiatement évoqué la plénitude ressentie sous ces deux arbres.
Rapprochons-nous du chêne, voulez-vous ?
Le chêne était de proportions parfaites. Non qu’il fût l’un de ces colosses dont l’ampleur de ramure, le couvert qui se hausse à mesure qu’on avance semblent défier les yeux humains. Sa grande beauté tenait à une affirmation d’équilibre, de stabilité tranquille, dont on savait au premier regard qu’elle coexistait avec l’arbre, qu’elle était l’arbre même, sa croissance même au long des années, et que les années à venir ne la mettraient jamais en défaut.
— Asseyons-nous.
Il y avait, sous le dais monumental des maîtresses branches, une poutre équarrie en manière de banc rustique.
— C’est un de mes reposoirs préférés ;[…]
Il soupira, leva les yeux vers la ramure du chêne.
— Quelle beauté ! Quelle sérénité ! La véhémence du vent de plaine s’apaise là-haut de feuille en feuille. Regardez, à l’extrémité des branches, les panaches denses qu’elles poussent dans la lumière. C’est là que le vent les assaille, rebrousse chaque feuille et glace son revers pâle. Et cependant, une à une, elles reprennent toutes leur ordonnance, leur vraie couleur, ce vert puissant, dense et sombre… Et c’est alors, remarquez, qu’elles paraissent le plus vivantes, le plus heureuses, qu’elles s’illuminent dans leur propre pénombre, là où nous sommes nous-mêmes baignés, côte à côte et devisant. Pâleur mate, terne, flagellée ; clarté douce, tempérée, bain de clarté sous les branches du chêne. C’est là, près du tronc en colonne, à l’aisselle de ces longs rameaux, que les faisans viendront se brancher pour la nuit.Extraits de « un jour » Maurice Genevoix
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