Catégorie : composition

une lithographie – intermède à l’oiseau

L’été dernier, j’ai repris la lithographie.
Je n’en avais pas fait depuis 2021.
Ce furent beaucoup d’essais et quelques réussites notamment cet oiseau qui m’a bien plu.

Les autres lithographies 2025 sont à retrouver sur mon site ici

Ci-dessous, deux tirages de « l’indiscret »

2 tirages de l’indiscret format A5 – 2025 Corinne Leforestier

Il m’a rappelé ce poème de Prévert

Pour faire le portrait d’un oiseau

Peindre d’abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d’utile
pour l’oiseau
placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l’arbre
sans rien dire
sans bouger…
Parfois l’oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s’il le faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l’arrivée de l’oiseau
n’ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau
Quand l’oiseau arrive
s’il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l’oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis
effacer un à un tous les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l’oiseau
Faire ensuite le portrait de l’arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l’oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraicheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l’herbe dans la chaleur de l’été
et puis attendre que l’oiseau se décide à chanter
Si l’oiseau ne chante pas
c’est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s’il chante c’est bon signe
signe que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l’oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

Jacques Prévert
retour haut de page
Partager

trois nouvelles gravures : montagnes, ombres et éboulis

éboulis – aquatinte au sucre sur cuivre – 40 x 30 © Corinne Leforestier – été 2022

poisson volant – aquatinte au sucre sur cuivre – 40 x 30 © Corinne Leforestier – été 2022

le défilé – aquatinte au sucre sur cuivre – 40 x 30 © Corinne Leforestier – été 2022

Cette dernière gravure peut aussi se regarder dans l’autre sens

le défilé – aquatinte au sucre sur cuivre – 40 x 30 © Corinne Leforestier – été 2022

Les deux ensemble


Technique de l’aquatinte au sucre

Ces trois gravures ont été réalisées selon la technique au sucre
dont voici un descriptif technique

Etape 1 – plaque de cuivre encrée

Le graveur réalise son image au pinceau en utilisant un mélange d’encre de chine et de sucre.

Lorsque l’encre est sèche, il la couvre de vernis.

Etape 2 – plaque de cuivre vernie (encre recouverte)

Le graveur plonge ensuite sa plaque dans un bain d’eau tiède. Au contact de l’eau, le sucre gonfle et fait sauter le vernis, dénudant ainsi la plaque aux endroits où le pinceau a été passé.

On retrouve ainsi « un positif ».

Etape 3 – plaque dont l’encre a « sauté » dans l’eau

 La plaque est prête pour l’aquatinte.

L’aquatinte est un fond granulé et résistant à l’acide que l’on utilise pour graver des zones chromatiques pouvant aller du blanc au noir.

Le grainage consiste à déposer de manière uniforme sur la plaque des grains de résine ou de bitume qui y adhéreront après chauffage.

tirage de la plaque

Il ne reste plus qu’à la nettoyer et procéder à l’impression.

L’ensemble de ces opérations peuvent être répétées jusqu’à obtenir l’œuvre espérée.

 

La gravure, support de cette présentation technique
fait partie d’une série réalisée en 2004
« balade en forêt »

à l’orée du bois sur le chemin l’arbre sous le feuillage

 

Ces quatre gravures sont des aquatintes au sucre sur cuivre 20 x 20

à l'orée du bois
sur le chemin
l'arbre
sous le feuillage

retour haut de page
Partager

quatre nouvelles gravures : au fil de l’eau, à l’ombre du ravin

Les nouvelles gravures ont été  inspirées de dessins
croqués dans les ravins.

Les quatre dessins

Les quatre gravures correspondantes, aquatintes au sucre sur cuivre 30 x 20 tirées sur papier lana 56 x 38 sur la presse de l’artiste.

La composition des gravures 1, 3 et 4 est proche de celle des dessins mais celle de la deuxième est très différente. Cela peut s’expliquer par la façon dont j’utilise la technique de l’aquatinte au sucre.

Le dessin est un simple point de départ. L’aquatinte au sucre sur cuivre (ou zinc) facilite les accidents, propices au cheminement de la création.

Voici les états successifs de la gravure N°2.

Comme vous pouvez le constater, la gravure s’enrichit au fil des états et parfois des accidents entraînent de grands changements : ici une morsure trop longue (bain de perchlorure de fer trop chaud par temps caniculaire) a entraîné trop de gris dans le quatrième état. la gravure s’est avérée plus équilibrée en la retournant de bas en haut.

Je vous expliquerai dans un prochain article la technique de l’aquatinte au sucre.

A suivre

retour haut de page
Partager

Un poème de cheng hao : Lune d’automne

Voici un dernier poème d’automne avant de rentrer en hiver. Il sera l’occasion aussi de vous présenter quelques problèmes de mise en page.

un poème de Cheng Hao calligraphié en xingcao en 2019 – © corinne leforestier

秋月- 程颢

清溪流過碧山頭
空水澄鮮一色秋
隔斷紅塵三十里
白雲紅葉兩悠悠

Lune d’automne – chéng hào (1032-1085)

Le ruisseau limpide descend du sommet de la montagne émeraude
ciel et eau sont clairs, purs au milieu des couleurs d’automne
ici, séparé du monde de poussière par seulement trente li,
aussi insouciant que les nuages blancs et les feuilles rouges

de l’art poétique de vivre en automne
Edition Moundarren p 119


De la difficulté de la mise en page …

En travaillant cette calligraphie, je me suis aperçue que la composition (j’entends par là, l’agencement des caractères sur la feuille) n’est pas chose aisée.
Dans ce poème, 3 caractères, pourtant « simples », m’ont posé des problèmes sur la 3ème colonne en partant de la droite : 三十里 (signifiant 30 lis); ils se retrouvaient en face du caractère (signifiant un) de la deuxième colonne. Cela créait un vide et un déséquilibre dans la page.

En voici un autre exemple, où le pinceau dévie ensuite sur la droite pour tenter de rattraper ce défaut …

Sur la première calligraphie présentée dans cet article,  j’ai modifié la façon de calligraphier ces 4 caractères et ça me semble mieux.
Comparez ci-dessous la calligraphie du milieu par rapport à ses deux sœurs : ne semble-t-elle pas plus équilibrée et harmonieuse ?

Le chemin calligraphique est long.

retour haut de page

 

Partager

Fièrement propulsé par Terracolorosa & Thème par Anders Norén