Catégorie : technique artistique Page 1 of 5

Les périgrinations de Su Dongpo (Su Shi) – Kaifeng

Il passe dans cette ville (capitale des Song,  nommée alors Biànjīng)  ses examens impériaux avec brio. C’est le centre de sa vie politique mouvementée.

il y revient en 1085 , dirige le grand secrétariat de l’académie de Hanlin

« long de la rivière pendant le  festival Qingming » (détail) – l’oeuvre complète  清明上河圖 de Zhang Zeduan est à retrouver ici

 

Vous pouvez visualiser les autres étapes en cliquant ici >>>>

 

江上看山  蘇東坡
人生到處知何似
應似飛鴻踏雪泥
泥上偶然留指爪
鴻飛哪復計東西
老僧已死成新塔
壞壁無由見舊題
往日崎嶇還記否
路長人困蹇驢嘶

Du fleuve contemplant les montagnes – Su Dongpo(1037~1101)

La vie est comme une ombre fugace,
comme les empreintes d’une oie sauvage sur la neige.
Une trace fortuite subsiste dans la boue,
mais l’oie s’envole, pour ne jamais revenir.
Le vieux moine est mort, son nouveau stupa se dresse ;
l’ancienne inscription sur le mur délabré a disparu.
Te souviens-tu encore du chemin escarpé d’antan ?
Le chemin était long, le voyageur las, et l’âne ne cessait de braire.

« Su Tung Po – rêve de printemps » – Edition Moundarren

les deux premiers vers de Su Dongpo calligraphié en xingcao – Corinne Leforestier 2026

 

le dernier vers
路長人困蹇驢嘶

Le chemin était long, le voyageur las, et l’âne ne cessait de braire.

le dernier vers de Su Dongpo calligraphié en xingcao – Corinne Leforestier 2026

◊◊◊◊◊

Le voyage est long …
Prochaine mise à jour 2 Août 2026.

Le voyage est long – 2 encres 42 x 15 – Corinne Leforestier juin 2026

Bon mois de juillet

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six gravures 2025 : histoires de ravin

Avant de rouvrir l’atelier estival de gravures 2026, voici six gravures réalisées en 2025, et tirées en différentes couleurs.
Elles font partie de l’exposition de la galerie en cours à retrouver ici

Au fil de l’eau entre arbres et rochers I  aquatinte au sucre sur cuivre 40 x 30 tirées sur papier laurier 70 x 50

Au fil de l’eau entre arbres et rochers II –  aquatinte au sucre  sur cuivre 40 x 30 tirées sur papier laurier 70 x 50

Au frais dans le ravin I – aquatinte au sucre  sur cuivre 30 x 20 tirées sur papier laurier 50 x 40

Au frais dans le ravin I – aquatinte au sucre  sur cuivre 30 x 20 tirées sur papier laurier 50 x 40

Au frais dans le ravin II – aquatinte au sucre  sur cuivre 30 x 20 tirées sur papier laurier 50 x 40

Au frais dans le ravin II – aquatinte au sucre sur cuivre 30 x 20 tirées sur papier laurier 50 x 40

Ce qui tout à l’heure
Était dans l’eau,
Qui ne s’y reflète plus :

Une marche, un défilé rocheux,
Une ébauche de machinerie,
Un crayon en train d’écrire

Et le regard, ce regard
Qui n’était pas pour toi,

Qui a disparu
Comme le reste,
Sans doute en même temps,

Vers le même néant –
Ou vers quoi ?

Guillevic – art poétique Poésie Gallimard

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une lithographie – intermède à l’oiseau

L’été dernier, j’ai repris la lithographie.
Je n’en avais pas fait depuis 2021.
Ce furent beaucoup d’essais et quelques réussites notamment cet oiseau qui m’a bien plu.

Les autres lithographies 2025 sont à retrouver sur mon site ici

Ci-dessous, deux tirages de « l’indiscret »

2 tirages de l’indiscret format A5 – 2025 Corinne Leforestier

Il m’a rappelé ce poème de Prévert

Pour faire le portrait d’un oiseau

Peindre d’abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d’utile
pour l’oiseau
placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l’arbre
sans rien dire
sans bouger…
Parfois l’oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s’il le faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l’arrivée de l’oiseau
n’ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau
Quand l’oiseau arrive
s’il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l’oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis
effacer un à un tous les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l’oiseau
Faire ensuite le portrait de l’arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l’oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraicheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l’herbe dans la chaleur de l’été
et puis attendre que l’oiseau se décide à chanter
Si l’oiseau ne chante pas
c’est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s’il chante c’est bon signe
signe que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l’oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

Jacques Prévert
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une peinture automnale : sous-bois

sous-bois  – technique mixte sur toile 60 x 60 – Corinne Leforestier 2026


Son – nom – est « Automne »

Son — nom — est «Automne » —
Sa — couleur — est Sang —
Une Artère — sur la Colline —
Une Veine — au long du Chemin —

De gros Globules — dans les Allées —
Et Oh, l’Averse de Couleur —
Quand les Vents — renversant le Bassin —
Répandent la Pluie Écarlate —

Elle arrose les Bonnets — tout en bas —
Forme des Flaques rouges —
Puis — comme une Rose — tournoie au loin —
Sur des Roues Vermillon —

The name—of it—is
The name—of it—is « Autumn »—
The hue—of it—is Blood—
An Artery—upon the Hill—
A Vein—along the Road—

Great Globules—in the Alleys—
And Oh, the Shower of Stain—
When Winds—upset the Basin—
And spill the Scarlet Rain—

It sprinkles Bonnets—far below—
It gathers ruddy Pools—
Then—eddies like a Rose—away—
Upon Vermilion Wheels—

Emily Dickinson -car l’adieu c’est la nuit  – poésie Gallimard

les dessins qui ont inspiré la peinture


bonne année du cheval 

L’un des ensembles les plus spectaculaires de la grotte chauvet

 

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une peinture pour temps de neige

premières neiges – acrylique sur toile 50 F 116 x 90 – 2025 Corinne LEforestier


Bois d’hiver

J’ai mis les livres de côté
et je vois les dernières pommes
tomber des arbres gelés

j’ai vu aussi les glands darder
leurs pousses rouges
dans le sol dur

et l’écorce des bouleaux blancs
fut pour moi plus que tous les livres

et ce que là je lus
dénuda mon cœur au soleil d’hiver
et ouvrit ma cervelle au vent

et tout à coup
tout à coup je sus dans le bois d’hiver
que j’avais toujours été là
avant les livres
comme après les livres il y aura un bois d’hiver

et mon cœur nu
et ma cervelle ouverte au vent.

Kenneth White – un monde ouvert – poésie Gallimard

Quelques détails de la peinture 

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une peinture entre eau et feu

tourbillonnements – entre eau et feu – technique mixte sur toile 116 x 89 – 2025 Corinne Leforestier

Avant que vous comptiez dix
tout change: le vent ôte
cette clarté des hautes
tiges de maïs,

pour la jeter ailleurs;
elle vole, elle glisse
le long d’un précipice
vers une clarté-soeur

qui déjà, à son tour,
prise par ce jeu rude,
se déplace pour
d’autres altitudes.

Et comme caressée
la vaste surface reste
éblouie sous ces gestes
qui l’avaient peut-être formée.

Rainer Maria Rilke – Les quatrains valaisans

Quelques détails de la peinture qui rêvent de s’envoler au vent

 

 

 

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Les dessins au fil de l’eau

Depuis quelque temps je passe l’après-midi dans les ravins à dessiner.

Tous les dessins sont réalisés sur un papier A4.

Pour vous mettre dans l’ambiance, voici un son capté et un texte qui tente de décrire ce que je cherche …

 

Le pinceau suit le mouvement des feuillages, de l’eau, des rochers du ravin, il saute, danse, virevolte.

Le geste devient malhabile à poursuivre les rayons de lumières, le frémissement du vent.

On perd le fil, on n’y voit plus rien, on en oublie où on est.

Le bruit blanc de l’eau tournoie dans la tête, la trame de l’espace se délite…

Soudain, à nouveau, une forme accroche le regard : vite tremper le pinceau dans l’encre, poser la tache. Est-ce cela ?
Non… Mais, presque ! On y était, dans cette feuille du chêne se balançant au vent. On a bien senti le courant d’air.

Quelle jubilation quand le temps d’un dessin, le sentiment du vivant nous traverse.

Tous ces moments de plénitude finiront en gravures ou peintures, et en envies de recommencer à jouer, être là :

commencer cette fois par l’ombre que le rocher jette dans l’eau,
suivre les verts bariolés des feuilles jusqu’au ciel,
contourner le nuage qui s’évapore déjà,
redescendre de branches en branches jusqu’au rocher ensoleillé ;
plonger dans l’eau !
Il faut dire, il fait si chaud en cet après-midi de juin…

Corinne Leforestier – Chaudon – juin 2025

 

Et vous, avez-vous envie de vous perdre dans le paysage ?
Où vous poseriez-vous ?

Le blog prend ses quartiers d’été :
prochaine mise à jour le 27 juillet

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impatience dans les feuillages

Impatience dans les feuillages – acrylique sur toile 120 x 120 – Corinne Leforestier 2025

L’arbre de vie

Depuis longtemps, j’étouffais dans ma peau.
Un jus brûlant coulait avec ma sève
Et je commence à croire que j’existe.
Ô ciel, un bras qui me sort de l’écorce
Et veut déjà toucher, goûter le vide
Où s’étendaient mes branches anxieuses !
Je pousse un nez, un œil et des oreilles
Comme des fruits longuement médités.
Je tends aussi mille bourgeons guettant
L’odeur du monde et le cri d’une rose.
Il va me naître un ventre où le désir
Dresse l’avide élan vers une étreinte !
Mon cœur de bois veut faire un long signal,
Ma chevelure en fleur plaît aux oiseaux
Et quelquefois un orage sans gîte
Vient pondre un œuf noir entre mes épaules.
Je ne sais si la fièvre m’appartient
Que je sens battre au fond de mes racines.
Est-ce l’appel d’un soleil invisible
Plus exigeant même que le soleil ?
Son feu me brûle et me glace à la fois.
J’abonde et je retiens, j’invente un dieu,
Mais j’obéis à ce dieu que j’invente
… Trésor et flamme ! Et quant aux hirondelles,
J’en fais éclater des volées !…

Norge – Les coq-à-l’âne – Gallimard NRF

Voici quelques détails de la peinture à contempler, écouter ?

 

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Yuan Mei – vent d’est

le poème « vent d’est » de Yuan Mei yuan-mei-vent-est-東風-袁枚 calligraphié en xingshu – 2025 corinne leforestier

袁枚-東風

東風又送好韶華,柳漸青青草漸芽。
照水莫驚雙鬢雪,幾人能看四朝花。
光陰一寸皆為福,樂事三春未有涯。
客到隻從籬外聽,笑聲多處是吾家。

Yuan mei (1716-1797)
Vent d’est

Le vent d’Est apporte de nouveau les splendeurs printanières
les saules peu à peu verdissent , les plantes commencent à pousser
à me regarder dans l’eau, pourquoi être effrayé par la neige sur mes deux tempes ?
Combien de gens ont pu contempler les fleurs de quatre règnes ?
Chaque instant qui passe est instant de grâce
aux choses réjouissantes des trois mois de printemps il n’y a pas de limite
les visiteurs qui viennent me voir n’ont qu’à écouter à travers les haies
Là où retentissent les rires c’est ma maison

Yuan Mei « Epicurien taoïste » – Edition Moundarren


 Voici une autre calligraphie du même poème

le poème « vent d’est » de Yuan Mei yuan-mei-vent-est-東風-袁枚 calligraphié en xingshu – 2025 corinne leforestier

le dernier vers

笑聲多處是吾家

Là où retentissent les rires c’est ma maison

 

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une peinture pour annoncer le printemps

Cœur d’hiver I – acrylique sur toile 80 x 80 – Corinne Leforestier 2024

âge des cavernes

Les arbres se livrent peu à peu à leurs branches, penchent vers leur couleur et poussent en tous sens des feuilles pour se gagner les murmures de l’air. Ils respectent comme des dieux leurs images dans les étangs où tombent parfois des feuilles sacrifiées.
Les racines se demandent s’il faut ainsi s’accoupler au sol. Au milieu de la nuit l’une sort de terre pour écouter les étoiles et trembler.
La mer entend un bruit merveilleux et ignore en être la cause.
Les poissons qui se croisent feignent de ne pas se voir.
Puis se cherchent durant des siècles.
Les rivières s’étonnent d’emporter toujours le ciel au fond de leur voyage et que le ciel les oublie. Le ciel ne pose qu’une patte sur l’horizon, l’autre restant en l’air, immobile, dans une attente circulaire.
Tout le jour la lumière essaie des plumages différents et parfois, au milieu de la nuit, dans l’insomnie des couleurs.
La terre se croit une forêt, une montagne, un caillou, un souvenir. Elle a peur de l’horizon et craint de se disperser, de se trahir, de se tourner le dos. La nuit, le corps le long des corps, les visages près des visages, les fronts touchant les fronts, pour que les rêves se prêtent main-forte. L’âme bourdonne et s’approche pour voir comment bat un cour dans le sommeil. Elle confond les étoiles avec les grillons et les cigales. Elle aime le soleil qui n’ose pas pénétrer dans les cavernes et se couche comme un chien devant le seuil.
On reconnaît les songes de chacun au dessin des paupières endormies.
Passent des animaux précédés d’un cou immense qui sonde l’inconnu, l’écartant à droite et à gauche, avec le plus grand soin. Ils défrichent l’air vierge. Sans en parler aux autres insectes les fourmis montent sur la cime des arbres pour regarder.
Quand des tribus se rencontrent on se souffle au visage comme font les buffles qui se voient pour la première fois. On se regarde de tout près jusqu’à ce que les regards mettent le feu aux yeux. Alors on recule et on se saute à la gorge.
Les animaux se demandent lequel parmi eux sera l’homme un jour. Ils consultent l’horizon et le vent qui vient de l’avenir. Ils pensent que peut-être l’homme rampe déjà dans l’herbe et les regarde tour à tour présumant de leur chair et de son goût.
L’homme se demande si vraiment ce sera lui.

Jules Supervielle – Gravitations

Cœur d’hiver II – acrylique sur toile 80 x 80 – Corinne Leforestier 2024

Cœur d’hiver III – acrylique sur toile 80 x 80 – Corinne Leforestier 2024

 les trois ensemble

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