Catégorie : technique artistique Page 1 of 5

Les périgrinations de Su Dongpo (Su Shi) – Mizhou

Su Dongpo  fut gouverneur de Mizhou (密州) – actuelle Zhucheng (诸城) entre 1074 et 1076.

Vous pouvez visualiser les autres étapes en cliquant ici >>>>

C’est une période de relative disgrâce politique et l’une des plus prolifiques de sa carrière littéraire.
C’est ici qu’il a réinventé le genre de la poésie Ci 詞 (des poèmes écrits sur des mélodies existantes) en y insufflant un style héroïque et philosophique.

Il fait restaurer à Mizhou La Terrasse Chaoran (超然台).
C’est sur cette terrasse qu’a été composé le poème de cet article.

Je l’ai calligraphié en grand format (100 x 50) et en format plus petit (70 x 47). La calligraphie en grand format demande plus d’énergie et lorsque l’on est entraîné dans le flot du pinceau, c’est une vraie jubilation.

望江南 超然台作  蘇東坡
春未老
風細柳斜斜。
試上超然臺上看,
半壕春水一城花。
煙雨暗千家。
寒食後,
酒醒卻諮嗟。
休對故人思故國,
且將新火試新茶。
詩酒趁年華

Sur l’air de « Nostalgie du sud du fleuve » composé sur la Terrasse du Détachement – Su Dongpo(1037~1101)

Le printemps n’est pas encore avancé, dans la brise légère les saules sont obliques
nous montons sur la Terrasse du Détachement pour contempler le paysage
les douves sont à moitié remplies par les eaux printanières, toute la ville est fleurie
la bruine assombrit mille maisons après la fête du Manger froid,
au réveil de l’ivresse à nouveau je soupire en compagnie de bons amis j’oublie mon pays natal
nous allumons le nouveau feu et goûtons le nouveau thé
avec des poèmes et du vin nous jouissons de cet agréable moment.

« Su Tung Po – rêve de printemps » – Edition Moundarren

poème de Su Dongpo calligraphié en xingcao  sur papier de riz 100 x 50 – Corinne Leforestier 2026

◊◊◊◊◊

Le voici chanté (source)

《望江南.超然臺作》
蘇軾 春未老,風細柳斜斜。試上超然臺上看,半壕春水一城花,煙雨暗千家。
寒食後,酒醒卻咨嗟。休對故人思故國,且將新火試新茶,詩酒趁年華。

 

◊◊◊◊◊

une autre composition du poème en format 70 x 47

poème de Su Dongpo calligraphié en xingcao  sur papier de riz 70 x 47 – Corinne Leforestier 2026

Zadig, la petite chatte, a bien apprécié l’épaisseur de la pile des essais …

chut !…

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nouvelles gravures 2026 : avalanches et glaciers

Cet été , sans doute inspirée par la canicule, j’ai fait quelques gravures de glaciers et d’avalanches.
Je les ai tirées en différentes couleurs.

Elles seront prochainement exposées à la galerie.

l'avalanche - aquatinte au sure sur cuivre 40 x 30 tirée sur du Fabriano 250 g 70 x 50 - Corinne Leforestier 2026

L’avalanche – aquatinte au sure sur cuivre 40 x 30 tirée sur du Fabriano 250g 70 x 50 – Corinne Leforestier 2026

 

Le poète et la foule
La plaine un jour disait à la montagne oisive :
« Rien ne vient sur ton front des vents toujours battu ! »
Au poète, courbé sur sa lyre pensive,
La foule aussi disait : « Rêveur, à quoi sers-tu ? »

La montagne en courroux répondit à la plaine :
« C’est moi qui fais germer les moissons sur ton sol ;
Du midi dévorant je tempère l’haleine ;
J’arrête dans les cieux les nuages au vol !

Je pétris de mes doigts la neige en avalanches ;
Dans mon creuset je fonds les cristaux des glaciers,
Et je verse, du bout de mes mamelles blanches,
En longs filets d’argent, les fleuves nourriciers.

Le poète, à son tour, répondit à la foule :
« Laissez mon pâle front s’appuyer sur ma main.
N’ai-je pas de mon flanc, d’où mon âme s’écoule,
Fait jaillir une source où boit le genre humain ? »

Théophile Gautier

 

Glacier – aquatinte au sure sur cuivre 40 x 30 tirée sur du Fabriano 250g 70 x 50 – Corinne Leforestier 2026

 

Lac Glacière – aquatinte au sure sur cuivre 40 x 30 tirée sur du Fabriano 250g 70 x 50 – Corinne Leforestier 2026

et en changeant de perspective (en la regardant à l’envers), voici ce que ça donne

Lac Glacière – vue inverse – aquatinte au sure sur cuivre 40 x 30 tirée sur du Fabriano 250g 70 x 50 – Corinne Leforestier 2026

Après ce détour dans les montagnes du Sud de la France, nous rejoindrons les pérégrinations de Su DongPo dans le prochain article.
D’ici là passez un bon début d’automne.

 

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Les périgrinations de Su Dongpo (Su Shi) – Hangzhou

Hangzhou est le refuge de cœur de Su Shi . Il y séjourne de 1071 à 1074.
Gouverneur à deux reprises, il a fait construire la digue qui porte son nom sur le Lac de l’Ouest.

Lac de l’ouest attribué à Li Song – Dynastie des Song du Sud (1127-1279) – Source

 

Vous pouvez visualiser les autres étapes en cliquant ici >>>>

 

飲湖上初晴後雨  蘇東坡
水光瀲灩晴方好
山色空濛雨亦奇
欲把西湖比西子
淡妝濃抹總相宜

Buvant sur le Lac, au début il fait beau, ensuite il se met à pleuvoir – Su Dongpo(1037~1101)

Le miroitement des eaux est superbe par beau temps
La brume sur les monts sous la pluie est aussi merveilleuse
Si l’on compare le Lac de l’Ouest à la belle Xishi
Parée d’un fard léger ou vif, elle est toujours ravissante

poème de Su Dongpo calligraphié en xingcao  sur papier de riz 70 x 47 – Corinne Leforestier 2026

les deux premiers vers
水光瀲灩晴方好
山色空濛雨亦奇

Le miroitement des eaux est superbe par beau temps
La brume sur les monts sous la pluie est aussi merveilleuse

les deux premiers vers de Su Dongpo calligraphié en xingcao – Corinne Leforestier 2026

◊◊◊◊◊

Le voici lu en mandarin
水光瀲灩晴方好
山色空濛雨亦奇
欲把西湖比西子
淡妝濃抹總相宜

 

une autre composition du poème

poème de Su Dongpo calligraphié en xingcao sur papier de riz 46 x 37 – Corinne Leforestier 2026

 

Les eaux du lac sont limpides … Profitons-en !
Prochaine mise à jour 30 Août 2026.

Bon mois d’Août

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Les périgrinations de Su Dongpo (Su Shi) – Kaifeng

Il passe dans cette ville (capitale des Song,  nommée alors Biànjīng)  ses examens impériaux avec brio. C’est le centre de sa vie politique mouvementée.

il y revient en 1085 , dirige le grand secrétariat de l’académie de Hanlin

« long de la rivière pendant le  festival Qingming » (détail) – l’oeuvre complète  清明上河圖 de Zhang Zeduan est à retrouver ici

 

Vous pouvez visualiser les autres étapes en cliquant ici >>>>

 

江上看山  蘇東坡
人生到處知何似
應似飛鴻踏雪泥
泥上偶然留指爪
鴻飛哪復計東西
老僧已死成新塔
壞壁無由見舊題
往日崎嶇還記否
路長人困蹇驢嘶

Du fleuve contemplant les montagnes – Su Dongpo(1037~1101)

La vie est comme une ombre fugace,
comme les empreintes d’une oie sauvage sur la neige.
Une trace fortuite subsiste dans la boue,
mais l’oie s’envole, pour ne jamais revenir.
Le vieux moine est mort, son nouveau stupa se dresse ;
l’ancienne inscription sur le mur délabré a disparu.
Te souviens-tu encore du chemin escarpé d’antan ?
Le chemin était long, le voyageur las, et l’âne ne cessait de braire.

« Su Tung Po – rêve de printemps » – Edition Moundarren

les deux premiers vers de Su Dongpo calligraphié en xingcao – Corinne Leforestier 2026

 

le dernier vers
路長人困蹇驢嘶

Le chemin était long, le voyageur las, et l’âne ne cessait de braire.

le dernier vers de Su Dongpo calligraphié en xingcao – Corinne Leforestier 2026

◊◊◊◊◊

Le voyage est long …
Prochaine mise à jour 2 Août 2026.

Le voyage est long – 2 encres 42 x 15 – Corinne Leforestier juin 2026

Bon mois de juillet

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six gravures 2025 : histoires de ravin

Avant de rouvrir l’atelier estival de gravures 2026, voici six gravures réalisées en 2025, et tirées en différentes couleurs.
Elles font partie de l’exposition de la galerie en cours à retrouver ici

Au fil de l’eau entre arbres et rochers I  aquatinte au sucre sur cuivre 40 x 30 tirées sur papier laurier 70 x 50

Au fil de l’eau entre arbres et rochers II –  aquatinte au sucre  sur cuivre 40 x 30 tirées sur papier laurier 70 x 50

Au frais dans le ravin I – aquatinte au sucre  sur cuivre 30 x 20 tirées sur papier laurier 50 x 40

Au frais dans le ravin I – aquatinte au sucre  sur cuivre 30 x 20 tirées sur papier laurier 50 x 40

Au frais dans le ravin II – aquatinte au sucre  sur cuivre 30 x 20 tirées sur papier laurier 50 x 40

Au frais dans le ravin II – aquatinte au sucre sur cuivre 30 x 20 tirées sur papier laurier 50 x 40

Ce qui tout à l’heure
Était dans l’eau,
Qui ne s’y reflète plus :

Une marche, un défilé rocheux,
Une ébauche de machinerie,
Un crayon en train d’écrire

Et le regard, ce regard
Qui n’était pas pour toi,

Qui a disparu
Comme le reste,
Sans doute en même temps,

Vers le même néant –
Ou vers quoi ?

Guillevic – art poétique Poésie Gallimard

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une lithographie – intermède à l’oiseau

L’été dernier, j’ai repris la lithographie.
Je n’en avais pas fait depuis 2021.
Ce furent beaucoup d’essais et quelques réussites notamment cet oiseau qui m’a bien plu.

Les autres lithographies 2025 sont à retrouver sur mon site ici

Ci-dessous, deux tirages de « l’indiscret »

2 tirages de l’indiscret format A5 – 2025 Corinne Leforestier

Il m’a rappelé ce poème de Prévert

Pour faire le portrait d’un oiseau

Peindre d’abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d’utile
pour l’oiseau
placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l’arbre
sans rien dire
sans bouger…
Parfois l’oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s’il le faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l’arrivée de l’oiseau
n’ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau
Quand l’oiseau arrive
s’il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l’oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis
effacer un à un tous les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l’oiseau
Faire ensuite le portrait de l’arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l’oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraicheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l’herbe dans la chaleur de l’été
et puis attendre que l’oiseau se décide à chanter
Si l’oiseau ne chante pas
c’est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s’il chante c’est bon signe
signe que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l’oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

Jacques Prévert
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une peinture automnale : sous-bois

sous-bois  – technique mixte sur toile 60 x 60 – Corinne Leforestier 2026


Son – nom – est « Automne »

Son — nom — est «Automne » —
Sa — couleur — est Sang —
Une Artère — sur la Colline —
Une Veine — au long du Chemin —

De gros Globules — dans les Allées —
Et Oh, l’Averse de Couleur —
Quand les Vents — renversant le Bassin —
Répandent la Pluie Écarlate —

Elle arrose les Bonnets — tout en bas —
Forme des Flaques rouges —
Puis — comme une Rose — tournoie au loin —
Sur des Roues Vermillon —

The name—of it—is
The name—of it—is « Autumn »—
The hue—of it—is Blood—
An Artery—upon the Hill—
A Vein—along the Road—

Great Globules—in the Alleys—
And Oh, the Shower of Stain—
When Winds—upset the Basin—
And spill the Scarlet Rain—

It sprinkles Bonnets—far below—
It gathers ruddy Pools—
Then—eddies like a Rose—away—
Upon Vermilion Wheels—

Emily Dickinson -car l’adieu c’est la nuit  – poésie Gallimard

les dessins qui ont inspiré la peinture


bonne année du cheval 

L’un des ensembles les plus spectaculaires de la grotte chauvet

 

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une peinture pour temps de neige

premières neiges – acrylique sur toile 50 F 116 x 90 – 2025 Corinne LEforestier


Bois d’hiver

J’ai mis les livres de côté
et je vois les dernières pommes
tomber des arbres gelés

j’ai vu aussi les glands darder
leurs pousses rouges
dans le sol dur

et l’écorce des bouleaux blancs
fut pour moi plus que tous les livres

et ce que là je lus
dénuda mon cœur au soleil d’hiver
et ouvrit ma cervelle au vent

et tout à coup
tout à coup je sus dans le bois d’hiver
que j’avais toujours été là
avant les livres
comme après les livres il y aura un bois d’hiver

et mon cœur nu
et ma cervelle ouverte au vent.

Kenneth White – un monde ouvert – poésie Gallimard

Quelques détails de la peinture 

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une peinture entre eau et feu

tourbillonnements – entre eau et feu – technique mixte sur toile 116 x 89 – 2025 Corinne Leforestier

Avant que vous comptiez dix
tout change: le vent ôte
cette clarté des hautes
tiges de maïs,

pour la jeter ailleurs;
elle vole, elle glisse
le long d’un précipice
vers une clarté-soeur

qui déjà, à son tour,
prise par ce jeu rude,
se déplace pour
d’autres altitudes.

Et comme caressée
la vaste surface reste
éblouie sous ces gestes
qui l’avaient peut-être formée.

Rainer Maria Rilke – Les quatrains valaisans

Quelques détails de la peinture qui rêvent de s’envoler au vent

 

 

 

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Les dessins au fil de l’eau

Depuis quelque temps je passe l’après-midi dans les ravins à dessiner.

Tous les dessins sont réalisés sur un papier A4.

Pour vous mettre dans l’ambiance, voici un son capté et un texte qui tente de décrire ce que je cherche …

 

Le pinceau suit le mouvement des feuillages, de l’eau, des rochers du ravin, il saute, danse, virevolte.

Le geste devient malhabile à poursuivre les rayons de lumières, le frémissement du vent.

On perd le fil, on n’y voit plus rien, on en oublie où on est.

Le bruit blanc de l’eau tournoie dans la tête, la trame de l’espace se délite…

Soudain, à nouveau, une forme accroche le regard : vite tremper le pinceau dans l’encre, poser la tache. Est-ce cela ?
Non… Mais, presque ! On y était, dans cette feuille du chêne se balançant au vent. On a bien senti le courant d’air.

Quelle jubilation quand le temps d’un dessin, le sentiment du vivant nous traverse.

Tous ces moments de plénitude finiront en gravures ou peintures, et en envies de recommencer à jouer, être là :

commencer cette fois par l’ombre que le rocher jette dans l’eau,
suivre les verts bariolés des feuilles jusqu’au ciel,
contourner le nuage qui s’évapore déjà,
redescendre de branches en branches jusqu’au rocher ensoleillé ;
plonger dans l’eau !
Il faut dire, il fait si chaud en cet après-midi de juin…

Corinne Leforestier – Chaudon – juin 2025

 

Et vous, avez-vous envie de vous perdre dans le paysage ?
Où vous poseriez-vous ?

Le blog prend ses quartiers d’été :
prochaine mise à jour le 27 juillet

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