Auteur/autrice : linfu Page 2 of 14

Corinne Leforestier, peintre graveur calligraphie chinoise

Elève de Shi Bo de novembre 2007 à novembre 2019, j’ai suivi avec lui 8 cursus (Kaishu, Kaishu libre, Xingshu, 50 poèmes en Xinshu, 30 poèmes en "bambou gracieux" : (le style créé par Shi Bo), 30 poèmes en Caoshu et l’ultime cursus de sentences en Kuangcao.

De 1993 à 2000, j’ai fréquenté les ateliers de gravures de la ville de Paris (Montparnasse puis place des Vosges) et l’atelier de dessin de la rue de Sévigné.

De 1989 à 1992, j’ai été l’élève de Christian Ferré (en peinture et dessin) et de Maurice Maillard (en gravure) à la maison des arts d’Evreux.

une poésie de Wang Wei où apparaît un dragon

王维 Wang Wei (701 – 761)

終南別業
不知香積寺 數裏入雲峰
古木無人徑 深山何處鍾
泉聲咽危石 日色冷青松
薄暮空潭曲 安禅制毒龍

Visite du Temple Xiangji
Ne sachant pas où se situe le Temple Xiangji
Je marche quelques li et me perds dans les monts ennuagés
La forêt trop dense, sans aucun sentier à suivre
D’où me parvient alors ce son des cloches
Qui résonne dans cette montagne si profonde ?
Une source chuchote parmi des rochers abrupts
Des rayons froids du soleil filtrent entre les pins verts
La nuit tombe sur l’étang calme
Je prie de maîtriser le dragon énorme

Traduction : Shibo

 

Une autre traduction

Qui connaît le temple du parfum conservé ?
Un trajet de plusieurs li jusqu’au pic nuageux
Sentier à travers la forêt ancienne : mille trace
Au coeur du mont, sons de cloches, venant d’où ?

Bruit de source : sanglots de rocs dressés
teinte de soleil fraîche entre les pins
Le soir, au creux de l’étang vide, dans la paix
Du Chan, quelqu’un dompte le dragon venimeux*

Traduction : François Cheng – l’écriture poétique chinoise

*vers 8 Chan (Zen en japonais) est la transcription chinoise du terme bouddhique dhyana qui signifie “méditation-concentration”.
Le dragon venimeux représente les passions néfastes

 

un poème de Wangwei calligraphié en xingcao par Corinne Leforestier en 2024

Le dernier vers de ce poème où apparaît le dragon (dernier caractère)

 

 

Le caractère dragon décliné en différents styles

 

dragon non venimeux qui apportera énergie et joie

 

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Un poème de Lu Yu : aube de neige

夏日
陸游

繞湖誰琢玉為屏
換卻南堂萬疊青
老子醉狂還自笑
持竿畫字滿中庭

Aube de neige de Lu Yu (1125 – 1210)
qui a sculpté autour du lac, en paravent de jade blanc
les dix mille replis vers des montagnes en face de la salle du sud
ivre, le vieillard dans sa folie riant tout seul
avec sa canne de bambou dessine des caractères, la cour en est toute remplie

Luyu “Le vieil homme qui n’en fait qu’à sa guise” – Edition Moundarren

une autre composition du même poème

Le dernier vers du poème

avec ma canne de bambou, je dessine des caractères, la cour en est toute remplie

 

bonne année 2024

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Une poésie de Su Dong Po (Su Shi) qui parle de tortues

湖橋  蘇東坡
朱欄畫柱照湖明
白葛烏紗曳履行
橋下龜魚晚無數
識君拄杖過橋聲

Le pont de l’étang – Su Dong Po(1037~1101)

la balustrade vermillon et les piliers peints
se reflètent dans l’étang lumineux
en robe de lin blanc et bonnet de gaze noire,
tu marches en traînant tes sandales
sous le pont, tortues et poissons, au soir innombrables
reconnaissent, quand tu traverses le pont, le bruit de ta canne

“Su Tung Po – rêve de printemps” – Edition Moundarren

Une autre composition calligraphique du même poème

 

 

sous le pont au moulin de la porte – encre juin 2023

 

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Un poème de Bai Juyi – dans la cour du devant, nuit fraîche

un poème de Bai Juyi calligraphié en xingcao – 2023 Corinne Leforestier

前庭涼夜
白居易

露簟色以玉
風幌影如波
坐愁樹葉落
中庭明月多

dans la cour du devant, nuit fraîche de Bai Juyi (772 – 846)

avec la rosée la natte en bambou est de la couleur du jade
dans le vent l’ombre de la tenture fait des vagues
assis, mélancolique, les feuille des arbres tombent
au milieu de la cour le clair de lune abonde

Automne   Edition Moundarren


Voici une autre calligraphie du même poème au même format (70 x 45)

 


le dernier vers du poème

中庭明月多
zhōng tíng míng yuè duō
au milieu de la cour le clair de lune abonde

Portrait de Bai Juyi par Chen Hongshou (XVIIe siècle).

Prochaine mise à jour : mi janvier

Passez de bonnes fêtes de fin d’année

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Un poème de Zhu Jifang – le criquet

Un poème de Zhu Jifang calligraphié en xingcao en 2023 – © corinne leforestier


朱繼芳

一蛩何唧唧
吟落兒童心
只在竹籬外
篝燈無處尋

dans la cour du devant, nuit fraîche
de Zhu Jifang
dynastie Song (960 – 1279)

comme il grésille le criquet
son chant pénètre dans le cœur des enfants
il doit être de l’autre côté de la haie de bambous
avec la lanterne on ne le trouve nulle part

de l’art poétique de vivre en automne   Edition Moundarren


Voici une autre calligraphie du même poème au même format (70 x 45)


le deuxième vers du poème

吟落兒童心

yín lào er tóng xīn

son chant pénètre dans le cœur des enfants

ce poème semble bien apprécié des enfants.
Le voici récité par différentes voies enfantines ici

 

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Exposition 2023 dans la galerie terracolorosa

voici l’exposition 2023 de la  galerie.terracolorosa

Vous pourrez y découvrir une sélection de gravures, peintures et calligraphie récentes.

Cette exposition peut également être visitée dans la galerie sur rendez-vous.

La présentation détaillée des œuvres est à découvrir ici .

Il est possible de commander les œuvres auprès de l’artiste.

fjiord Technique mixte sur toile 146 x 114 (80F) 2022 – Corinne Leforestier

une poésie de Liu Yuxi – Ode au vent d’automne

秋風引 劉禹錫 Liu Yuxi (772 – 842) Tang

un poème de Liu Yuxi calligraphié en xingshu en 2023 par Corinne Leforestier

 

秋風引
何處秋風至
蕭蕭送雁群
朝來入庭樹
孤客最先聞

Ode au vent d’automne
D’où vient ce vent d’automne ?
Son murmure salue les oies sauvages
Dès le matin elles se posent sur l’arbre de la cour
Voyageur solitaire, je suis le premier à les entendre

Traduction : Shi Bo


le voici lu en mandarin

qiū fēng yǐn
Tang, Liu Yu xi 

hé chǔ qiū fēng zhì ?
xiāo xiāo sòng yàn qún
zhāo lái rù tíng shù
gū kè zuì xiān wén

 

◊◊◊◊◊◊◊◊

Exercices préparatoires : quatre caractères calligraphiés à partir des modèles de cinq grands calligraphes (extraits du texte “1000 caractères”)

de gauche à droite :

Huai Su 懷素 (737–799) colonne 1

Mi Fu 米芾 (1051-1107) colonne 2

Wen Zheng Ming 文徵明 (1470-1559) colonne 3

Zhi Yong 智永 (581-618) colonnes 4 et 5

Zhao Meng Fu 趙孟頫 (1252-1322) colonne 6

Le premier et le deuxième vers

何處秋風至 蕭蕭送雁群 – calligraphie en xingshu – 2023 – Corinne Leforestier

Le premier vers

何處秋風至  – calligraphie en xingshu – 2023 – Corinne Leforestier

 

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un poème de Dong Qichang

董其昌 Dong Qichang (1555 -1636)

calligraphié en xingcao en 2023 par Corinne Leforestier

聞有風輪持世界
可無筆力走山川
巒容盡作飛來勢
丈室居然擲大千


Il paraît que la route des vents porte le monde,
Ne pourrait-on pas parcourir monts et rivières au fil du pinceau ?
La forme des montagnes révèle l’élan du pic FeiLai,
De ma chambre je suis soudain projeté dans l’univers.

Colophon inscrit sur la peinture de Dong Qichang. Paysage
catalogue de l’exposition : peindre hors du monde

 

détail de la peinture “paysage” de Dong Qichang – catalogue de l’exposition “peindre hors du monde”

 

deux calligraphies “vent d’automne” 秋

 

calligraphié en xingcao en 2023 par Corinne Leforestier

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Une poésie de He Zhizhang en 4 styles

回鄉偶書  賀知章
少小離家老大回
鄉音無改鬢毛衰
兒童相見不相識
笑問客從何處來

Improvisation au retour au pays natal – He Zhizhang (689 – 744)

J’ai quitté mon village très jeune
J’y reviens aux cheveux blancs
L’accent du pays est toujours gardé
Mais mes cheveux sont devenus clairsemés
Les enfants me regardent et ne me connaissent pas
Ils me demandent dans un sourire
«D’où venez-vous, voyageur?»

traduction Shi Bo

Un poème de He Zhizhang calligraphié en xingcao en 2023  d’après un modèle de ShiBo © corinne leforestier

◊◊◊◊◊◊◊

 

Exercices préparatoires

pour chaque vers de droite à gauche :
1 style kaishu (régulier), 2 style xingshu (courant),3 style caoshu (herbe folle), 4 et 5  style de Su Dong Po

 

vers1

 

vers 2

 

vers 3

 

vers 4

calligraphie dans le style de Su Dong Po

 

Su Shi 蘇軾 qui prendra aussi le nom de Su Dong Po 蘇東坡,
(voir la fiche wikipedia)
était aussi calligraphe.

 

 

Le portrait de Su Dong Po par Zhao Mengfu

 

 

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balade dans les arbres

Depuis le début de l’été, jambe cassée, j’ai rendez-vous avec les arbres tous les matins et tous les soirs avant et après le lever du soleil.  Il fait alors bon sur la terrasse. Je peux dessiner tranquillement presque deux heures.

Dessiner un même motif pendant deux mois apporte une autre façon d’être reliée. La lumière change mais aussi la manière d’être attentive à ce qu’on croit connaître et qu’on finit par ne plus voir ! Une aventure de chaque instant avec bien sûr quelques écueils, mais chemin faisant, de belles surprises.

Je suis certaine aussi que ces heures passées en contemplation, crayon ou pinceau à la main, alimenteront mes prochaines peintures.

J’espère que ces dessins en donneront un aperçu.

Les dessins ci-dessous sont réalisés sur un papier 160g – format A2 (42  x 59,4)

 

à la gauche du tilleul – fusain

 

sous le saule – craie conté

 

 

à la gauche du tilleul – encre

 

le frêne – encre

 

le pommier – craie conté

 

Ci-dessous, une autre série de dessins à l’encre au format A4

Du côté des chênes, plein Est

 

Du côté du tilleul, plein Ouest

 

 

le vent d’ouest

En dessinant,  je pensais aussi souvent à certains passages du livre “je suis ce que je vois” de Alexandre Hollan

 

Voir, c’est aussi reconnaître le moment où une perception résonne dans le corps.

Maintenir une partie de l’attention au monde extérieur permet au regard de prendre corps. Une réalité plus profonde apparaît… Une image plus stable, plus durable. Je commence à avoir contact avec ce que je vois. En avoir un goût, une sensation.

Regarder avec attention, avec patience et souplesse, pour réinventer, pour retrouver quelque chose. Regarder n‘est pas rien, c’est un travail « à l’envers » : se détacher du concept, des formulations, de l’envie de s’exprimer, de l’envie de se mettre à dessiner, à peindre.

Une impression est un contact bref entre le monde extérieur et quelque chose qui intérieurement lui correspond.

Le regard procède par touches et rebondissements, d’où des vibrations à la surface du dessin.

L’œil ne voit pas la ligne. La ligne est dans le temps. La vision est hors du temps. Dessiner le mouvement c’est courir dans le visible.

Laisser le regard s’élargir. Ne pas s’arrêter sur un détail. Ramener le regard perdu dans le monde. Loucher, brouiller le regard pour qu’il se libère des formes qui le captent.

 

autour du tilleul – photo

 

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