Étiquette : poésie Page 1 of 5

Un poème de Bo Ju-yi : deux rochers offerts …

白居易
南侍御以石相贈,助成水聲,因以絕句謝之

泉石磷磷聲似琴
閑眠靜聽洗塵心
莫輕兩片青苔石
一夜潺湲直萬金

Bo Ju-yi (772 – 846)

L’intendant de l’empereur m’a offert des rochers pour agrémenter le bruit de l’eau, composé pour le remercier

La source et les rochers émettent un son cristallin, comme un ch’in
oisif, allongé j’écoute, ça lave mon cœur de sa poussière
il ne faut pas sous-estimer les deux rochers moussus
toute la nuit leur murmure vaut dix mille écus d’or.

Po Chu Yi  “un homme sans affaire” – Edition Moundarren

Un poème de Bo Juyi calligraphié en xingcao en 2022 – © corinne leforestier

 

photo © Corinne Leforestier

retour haut de page

 

Un poème de Bo Ju-yi : adorant écouter du ch’in

白居易
好聽琴

本性好絲桐  塵機聞即空
一聲來耳裡  萬事離心中
清暢堪銷疾  恬和好養蒙
尤宜聽三樂  安慰白頭翁

Bo Ju-yi (772 – 846)

adorant écouter du ch’in
ma nature aime le ch’in en bois de palownia et corde de soie
dès que j’écoute du ch’in, mes préoccupations mondaines se dissipent
une note arrive à mes oreilles,
dix mille tracas se retirent de mon coeur
limpide et gracieux, il guérit toutes les maladies
calme et doux, il éclaire l’ignorance
écouter l’air des “Trois joies”, particulièrement,
console le vieillard à la tête blanche

Po Chu Yi  “un homme sans affaire” – Edition Moundarren

Un poème de Bo Ju-yi calligraphié en xingcao en 2022 – © corinne leforestier

 


Exercices préparatoires : quatre caractères calligraphiés à partir des modèles de cinq grands calligraphes (extraits du texte “1000 caractères”)

de gauche à droite :

Huai Su 懷素 (737–799) colonne 1

Mi Fu 米芾 (1051-1107) colonne 2

Wen Zheng Ming 文徵明 (1470-1559) colonne 3

Zhi Yong 智永 (581-618) colonnes 4 et 5

Zhao Meng Fu 趙孟頫 (1252-1322) colonne 6

 

Une autre calligraphie du même poème

Une troisième calligraphie pour observer les différences.

Les trois ensemble

retour haut de page

 

Un poème de Bo Ju-yi : fleur ?

白居易

花非花 霧非霧
夜半來 天明去
來如春夢不多時
去以朝雲無覓處

Bo Ju-yi (772 – 846)

Fleur. Est-ce une fleur? Brume. Est-ce la brume?
Arrivant à minuit. S’en allant avant l’aube.
Elle est là: douceur d’un printemps éphémère.
Elle est partie : nuée du matin, nulle trace.

Traduction François Cheng – L’éciture poétique chinoise – seuil

Un poème de Bo Ju-yi calligraphié en xingcao en 2022 – © corinne leforestier

 

Le voici lu en mandarin par François Cheng
extrait de l’émission POÉSIE CHINOISE – Qu’est-ce que la Poésie chinoise ?
France Culture, 1979

huā fēi huā wù fēi wù
yè bàn lái tiān míng qù
lái rú chūn mèng bù duō shí
qù yǐ zhāo yún wú mì chǔ


Une autre calligraphie du même poème

Dans cette poésie de nombreux caractères sont répétés. J’ai essayé de les calligraphier de différentes manières chaque fois.

Une troisième calligraphie pour observer les différences.

Les trois ensemble

retour haut de page

 

Wang Wei – l’étang aux lentilles d’eau

王维 – 萍池

Wang Wei (701 – 761)
L’étang aux lentilles d’eau

Un poème de Wang Wei calligraphié en xingcao en 2022 – © corinne leforestier

春池深且廣
會待輕舟回
靡靡綠萍合
垂楊掃復開

L’étang aux lentilles d’eau
Au printemps l’étang est large et profond
j’attends le retour de la barque légère
lentement, lentement les lentilles d’eau se rassemblent
le saule pleureur les balaye, à nouveau les éparpille

Traduction : Wang Wei – le plein du vide – Edition Moundarren

 

Une autre calligraphie de ce poème

Dans ce poème le caractère est répété deux fois.

En calligraphie quand un caractère est répété,
le deuxième peut être remplacé par
le signe :

Je vous souhaite un bel été au frais au bord de l’eau !

La mare de la trigale (Eure) – photo de Corinne Leforestier (juillet 2022)

retour haut de page

Un poème de Han Shan – 5

寒山詩

寒山棲隱處 絕得雜人過
時逢林內鳥 相共唱山歌
瑞草聯谿谷 老松枕嵯峨
可觀無事客 憩歇在巖阿

Un poème de Han Shan 寒山 (VIIe ‑ VIIIe)

Han Shan perche dans un endroit retiré
rares sont les intrus du monde vulgaire
quand dans la forêt, il rencontre un oiseau
ensemble ils chantent le chant de la montagne
les herbes bénéfiques relient les vallées
des pins antiques s’accoudent aux rocs sauvages
regardez cet homme, libre de toute activité
en train de se reposer sur un rocher

Han Shan “merveilleux le chemin de Han Shan” – Edition Moundarren

Un poème de Han Shan calligraphié en xingcao en 2022 – © corinne leforestier


Exercices préparatoires : quatre caractères calligraphiés à partir des modèles de cinq grands calligraphes (extraits du texte “1000 caractères”)

de gauche à droite :

Huai Su 懷素 (737–799) colonne 1

Mi Fu 米芾 (1051-1107) colonne 2

Wen Zheng Ming 文徵明 (1470-1559) colonne 3

Zhi Yong 智永 (581-618) colonnes 4 et 5

Zhao Meng Fu 趙孟頫 (1252-1322) colonne 6

une autre calligraphie du même poème

 A suivre …

retour haut de page

 

Un poème de Han Shan – 4

寒山詩

我向前溪照碧流
或向巖邊坐磐石
心似孤雲無所依
悠悠世事何須覓

Un poème de Han Shan 寒山 (VIIe ‑ VIIIe)

Je vais vers le torrent me regarder dans le courant,
ou du côté de la falaise m’asseoir sur un grand rocher plat
le cœur comme un nuage solitaire, sans attache
les innombrables affaires du monde, pourquoi courir après?

Han Shan “merveilleux le chemin de Han Shan” – Edition Moundarren

Un poème de Han Shan calligraphié en xingcao en 2021 – © corinne leforestier


Exercices préparatoires : quatre caractères calligraphiés à partir des modèles de cinq grands calligraphes (extraits du texte “1000 caractères”)

de gauche à droite :

Huai Su 懷素 (737–799) colonne 1

Mi Fu 米芾 (1051-1107) colonne 2

Wen Zheng Ming 文徵明 (1470-1559) colonne 3

Zhi Yong 智永 (581-618) colonnes 4 et 5

Zhao Meng Fu 趙孟頫 (1252-1322) colonne 6

La calligraphie de ce poème est un bon exercice de composition car des traits similaires demandent de réfléchir à la mise en page.

Par exemple dans la composition ci-dessous, 心 m’a posé problème.
Il signifie le cœur. Mais il est aussi présent dans le caractère composé 悠 (doux modéré).
Leur proximité dans deux colonnes voisines n’est pas agréable à l’oeil.

J’ai trouvé différentes solutions pour résoudre ce problème :
1 – changer le nombre de caractères par colonne pour que les deux 心 ne soient plus en vis-à-vis
2 – changer la forme du caractère 心 comme dans la calligraphie ci-dessous.

Comparez les trois compositions présentées ensemble.

 

Je ne suis pas totalement satisfaite du résultat et, chemin faisant,
j’ai découvert d’autres problèmes de compositions à résoudre.
J’y reviendrai donc sans doute un jour !

 A suivre …

retour haut de page

 

Un poème de Yang Wan Li : journée de printemps

春日 – 楊萬里

春醉非關酒
郊行不問途
青天何處了
白鳥入空無

Journée de printemps – Yang Wan Li (1127-1206)

ivre dans le printemps, ce n’est pas à cause du vin
dans la campagne je me promène, sans souci du chemin
le ciel d’azur, où se termine-t-il ?
un oiseau blanc entre dans le ciel avant d’y disparaître

Yang Wan Li – le son de la pluie
Edition Moundarren

Un poème de Yang Wan Li calligraphié en xincao © corinne leforestier 2022

 


Exercices préparatoires : quatre caractères calligraphiés à partir des modèles de cinq grands calligraphes (extraits du texte “1000 caractères”)

de gauche à droite :

Huai Su 懷素 (737–799) colonne 1

Mi Fu 米芾 (1051-1107) colonne 2

Wen Zheng Ming 文徵明 (1470-1559) colonne 3

Zhi Yong 智永 (581-618) colonnes 4 et 5

Zhao Meng Fu 趙孟頫 (1252-1322) colonne 6

Deux calligraphies des différents vers du poème

Une autre calligraphie du poème entier sur petit format
(papier de riz 50 x 34)

retour haut de page

 

Un poème de Han Shan – 3

寒山詩

千雲萬水間  中有一閑士
白日遊青山  夜歸巖下睡
倏爾過春秋  寂然無塵累
快哉何所依  靜若秋江水

Un poème de Han Shan 寒山 (VIIe ‑ VIIIe)

mille nuages, dix mille cours d’eau
au milieu un homme, oisif
le jour je me promène dans la montagne verte
la nuit je reviens dormir sur la falaise
rapides passent printemps et automne
silencieux, loin de la poussière et des tracas
joyeux, rien pour me retenir
calme, comme les eaux du fleuve d’automne

Han Shan “merveilleux le chemin de Han shan” – Edition Moundarren

Un poème de Han Shan calligraphié en xingcao en 2022 – © corinne leforestier


Exercices préparatoires : quatre caractères calligraphiés à partir des modèles de cinq grands calligraphes (extraits du texte “1000 caractères”)

de gauche à droite :

Huai Su 懷素 (737–799) colonne 1

Mi Fu 米芾 (1051-1107) colonne 2

Wen Zheng Ming 文徵明 (1470-1559) colonne 3

Zhi Yong 智永 (581-618) colonnes 4 et 5

Zhao Meng Fu 趙孟頫 (1252-1322) colonne 6

4 calligraphies des différents vers du poème

une autre calligraphie du poème

 A suivre …

retour haut de page

 

Un poème de Han Shan – 2

寒山詩

今日巖前坐
坐久煙雲收
一道清谿冷
千尋碧嶂頭
白雲朝影静
明月夜光浮
身上無塵垢
心中那更憂

Un poème de Han Shan 寒山 (VIIe ‑ VIIIe)

Aujourd’hui, je suis assis devant une falaise
Brumes et nuages finissent par se dissiper
L’unique voie d’accès est un cours d’eau clair et froid
À deux mille mètres culminent les monts de jade
Le matin, les ombres des nuages blancs bougent à peine
La nuit, une lune brillante ondoie sur les flots
Sur mon corps, il n’y a ni poussière ni souillure
Comment y aurait-il encore des soucis dans mon cœur ?

traduction Ahikar

Un poème de Han Shan calligraphié en xingcao en 2021 – © corinne leforestier


Le voici lu en mandarin

 

jīn rì yán qián zuò ,
zuò jiǔ yān yún shōu 。
yī dào qīng xī lěng ,
qiān xún bì zhàng tóu 。
bái yún zhāo yǐng jìng ,
míng yuè yè guāng fú 。
shēn shàng wú chén gòu ,
xīn zhōng nà gēng yōu 。

◊◊◊◊◊

Vous trouverez aussi quelques explications
tirées d’un texte rédigé par Ahikar

Troisième vers :
一道清谿冷
yī dào qīng xī lěng
L’unique voie d’accès est un cours d’eau clair et froid.

道 (dào) : L’auteur joue sur le sens de dào, la voie au sens propre, et la voie (le tao) difficile d’accès, même pour les initiés.

Septième vers :
身上無塵垢
shēn shàng wú chén gòu
Sur mon corps il n’y a ni poussière ni souillure

Dans la biographie du grand poète Qu Yuan (vers 343 – vers 279 av. notre ère) par Sima Qian (145-87 avant notre ère), le grand historien écrit :
« Lavé des souillures (du monde), dépouillé de la flétrissure (de son siècle), telle une cigale de sa mue, il sait voguer librement au-delà des poussières (de ce siècle), sans être taché par ses impuretés. Immaculé, la boue ne le souille point. »
(Qu Yuan, Élégie de Chu, page 27, traduction de Rémi Mathieu)

sans poussière 無塵 © corinne leforestier 2021


Une autre calligraphie du même poème

A suivre …

retour haut de page

 

Un poème de Han Shan

寒山詩

一住寒山萬事休
更無雜念掛心頭
閑書石壁題詩句
任運還同不繫舟

Un poème de Han Shan 寒山 (VIIe ‑ VIIIe)

une fois à Han Shan les dix mille affaires cessent
plus aucune pensée fugace ne s’accroche au cœur
oisif, sur un rocher j’inscris des poèmes,
accordé au flux, comme une barque sans amarre.

Han Shan “merveilleux le chemin de Han shan” – Edition Moundarren

Le premier vers du poème fait référence au nom de la montagne Han Shan « Montagne Froide » située dans le massif du TianTai (天台山). Le poète adopta le même nom ;

Un poème de Han Shan calligraphié en xingcao en 2021 – © corinne leforestier


Le voici calligraphié en kaishu

Une autre calligraphie du même poème

Nous allons passer quelques semaines avec Han Shan 寒山.
Han shan (ermite montagne froide) est l’un des poètes ch’an de la tradition chinoise.
La légende raconte qu’on a retrouvé ses poèmes inscrits sur les arbres, les rochers, les murs …

J’aime imaginer cet ermite assis sous les pins au bord d’un torrent en train de contempler longuement un papillon ou une chenille,
puis dans une fulgurance, aller graver un poème sur un rocher et redescendre en riant dans son ermitage …

Il figure dans le roman “les clochards célestes” de Jack Kerouac.

— Han Shan, vois-tu, était un érudit chinois qui, ne pouvant plus supporter la grande ville et le monde, alla se cacher dans les montagnes.

Ça te ressemble assez.

— En ce temps-là, on pouvait vraiment faire ça. Il est resté dans des grottes, près d’un monastère bouddhiste dans la région de T’ang Hsing (c’est dans la province de T’ien Tai) et le seul être humain qu’il fréquentait était ce drôle de bonhomme… Shih-Te, un Fou du Zen qui avait mission de balayer le monastère avec un balai de paille. Shih-Te, était aussi un poète, mais il n’a pas écrit grand-chose. De temps à autre, Han Shan descendait de la Montagne Froide, avec ses habits d’écorce, et pénétrait dans la chaude cuisine du monastère pour mendier un peu de nourriture. Mais aucun des moines ne voulait lui en donner sous prétexte que le solitaire refusait d’entrer dans les ordres et de répondre à l’appel de la cloche invitant les moines à la méditation trois fois par jour. Tu comprendras pourquoi en lisant quelques-unes de ses professions de foi, comme… – écoute, je vais t’en traduire un passage directement… » Je me penchai par-dessus son épaule pour voir les grandes griffes d’oiseaux sauvages qu’il déchiffrait sur l’original : « Quand je remonte le sentier de la Montagne Froide, le sentier de la Montagne Froide s’allonge devant moi ; une longue gorge barrée d’éboulis et de gros blocs, une large vallée dont l’herbe s’efface dans la brume ; la mousse est glissante, encore qu’il n’ait pas plu ; le pin murmure, bien qu’il n’y ait pas de vent ; qui peut dénouer les liens du monde et s’asseoir avec moi parmi les nuages blancs ? »

Kerouac

 

Han Shan et Shi De (寒山 拾得)

A suivre …

retour haut de page

 

Page 1 of 5

Fièrement propulsé par Terracolorosa & Thème par Anders Norén