Étiquette : poésie Page 1 of 4

Huang Geng- Amarrant la jonque à Lin Ping

黃庚-臨平泊舟

Huáng Gēng (13ème)
amarrant la jonque à Lin Ping

Une poésie de Huáng Gēng calligraphiée en xingcao en 2021 – © Corinne Leforestier

客舟繫纜柳陰旁
湖影侵篷夜氣涼
萬頃波光搖月碎
一天風露藕花香

la jonque du voyageur est amarrée dans l’ombrage des saules
dans la pénombre, sur le lac l’air frais nocturne assaille l’auvent
sur dix milles arpents les vagues scintillantes bercent la lune brisée
le vent chargé de rosée emplit le ciel du parfum de fleurs de lotus

« L’art de la sieste – l’été » – Edition Moundarren

 

◊◊◊◊◊

Deux autres calligraphies de ce poème

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Chin Kuan – Prenant le frais

Une poésie de Chin Kuan calligraphiée en xingcao en 2021 – © Corinne Leforestier

秦觀-納涼

攜扙來追柳外涼
畫橋南畔倚胡床
月明船笛參差起
風定池蓮自在香

Chin Kuan (1049 – 1100)
Prenant le frais

canne à la main je sors en quête de la fraîcheur des saules
sur la berge au sud du pont laqué je m’allonge dans une chaise pliante
sous la lune claire, dans les barques le son des flûtes s’élève
le vent se calme, sur l’étang le suave parfum des lotus

« L’art de la sieste – l’été » – Edition Moundarren

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Je travaille la calligraphie en m’appuyant sur un texte célèbre intitulé
« les 1000 caractères » formé de 250 quatrains.
Il sert de références aux calligraphes car il est composé de 1000 caractères différents.

A titre d’exemple voici le 111ème quatrain :

畫綵仙靈

peinture en couleur du monde des immortels

dans lequel on retrouve l’un des caractères du poème de Chin Kuan

Le voici calligraphié à partir des modèles de cinq grands calligraphes :
de gauche à droite

Huai Su 懷素 (737–799) colonne 1

Mi Fu 米芾 (1051-1107) colonne 2

Wen Zheng Ming 文徵明 (1470-1559) colonne 3

Zhi Yong 智永 de la période des sui (581-618) colonnes 4 et 5

Zhao Meng Fu 趙孟頫 (1252-1322) colonne 6

♦♦♦♦♦♦♦

Voici deux autres calligraphies du poème de Chin Kuan

Les trois ensembles.

Bon mois d’Août dans la fraîcheur estivale.

Prochain article le 29 Août :
vous y découvrirez les gravures créées cet été …

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Une poésie de Su Dong Po sur l’art de peindre

Une poésie de Su Dong Po sur l’art de peindre.

Une poésie de Su Dong Po calligraphiée en xingcao en 2021 – © Corinne Leforestier

與可畫竹時 見竹不見人
豈獨不見人 嗒然遺其身
其身與竹化 無窮出清新
莊周世無有 誰知此凝神

Quand Wen Yu-ko peignait un bambou,
il voyait le bambou, il ne voyait plus les hommes
non seulement il ne voyait plus les hommes,
en transe il en oubliait son propre corps
son corps se métamorphosait en bambou
sublime jaillissait une fraîcheur nouvelle
depuis que Chuang-tzu n’est plus,
personne n’a connu une telle force de concentration.

« Su Tung Po – rêve de printemps » – Edition Moundarren

♦♦♦♦♦♦

C’est un peu l’état que je recherche en faisant les croquis
pendant des heures au bord de l’eau ou sous les arbres.

En voici quatre dont je vais m’inspirer
pour réaliser quatre gravures cet été.

prochain article : 1er Août 2021
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Au bord du monde : gravure

Tanguer au bord du monde ?

au bord du monde – aquatinte au sucre sur zinc 40 x 50 © Corinne Leforestier – 2010

Ce Monde n’est pas conclusion.
Un Ordre existe au-delà –
Invisible, comme la Musique –
Mais réel, comme le Son –
Il attire, et il égare –
La Philosophie, ne sait –
Et par une Énigme, au terme –
La Sagacité, doit passer –
Son concept, échappe aux savants –
Sa conquête a valu à des Hommes
Le Mépris de Générations
Et la Crucifixion –
La Foi glisse – rit, et se reprend –
Rougit, devant témoin –
S’accroche à un fétu d’évidence –
Et sur la Girouette, s’oriente –
Gesticulations en Chaire –
Grondements d’Alléluias –
Nul Opium ne peut calmer la Dent
Qui ronge l’âme –

♦♦♦♦

This World is not conclusion.
A Species stands beyond –
Invisible, as Music –
But positive, as Sound –
It beckons, and it baffles –
Philosophy, don’t know –
And through a Riddle, at the last –
Sagacity, must go –
To guess it, puzzles scholars –
To gain it, Men have borne –
Contempt of Generations
And Crucifixion, shown –
Faith slips – and laughs, and rallies –
Blushes, if any see –
Plucks at a twig of Evidence –
And asks a Vane, the way –
Much Gesture, from the Pulpit –
Strong Hallelujahs roll –
Narcotics cannot still the Tooth
That nibbles at the soul –

Emily Dickinson, traduit de l’anglais par Claire Malroux –
Poésie gallimard nrf – car l’adieu, c’est la nuit – p117

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Kou Zhun – Journée de printemps

Un poème de Kou Zhun calligraphié en xingcao en 2021 – © Corinne Leforestier

寇準-春晝

午晝花陰靜
春風數蝶飛
坐來生遠思
深院燕初歸

Kou Zhun (961-1023)
Journée de printemps

à midi, l’ombre des fleurs est immobile
dans le vent printanier quelques papillons volettent
peu à peu monte une lointaine nostalgie
dans la cours profonde les premières hirondelles sont de retour

« De l’art poétique de vivre au printemps » – Edition Moundarren

Yuan Mei – décrivant ce qui se passe

Un poème de yuan Mei calligraphié en xingcao en 2021 – © Corinne Leforestier

袁枚-即事

黃梅去將雨聲稀
滿徑苔痕綠上衣
風急小窗關不及
落花詩草一齊飛

Yuan mei (1716-1797)
Décrivant ce qui se passe

bientôt la fin des prunes jaunes, le son de la pluie se fait rare
le sentier est couvert de mousse, le vert gagne mon vêtement
une rafale de vent se lève, la petit fenêtre n’a pas été fermée à temps
pétales de fleurs et manuscrits de poèmes ensemble s’envolent

Yuan Mei « Epicurien taoïste » – Edition Moundarren


 Voici une autre calligraphie du même poème

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Wang Wei – Pavillon au fond des bambous

王维 – 竹裏館

Wang Wei (701 – 761)
Pavillon au fond des bambous

Un poème de WangWei calligraphié en xingcao en 2021 -70 x 45 © Corinne Leforestier

獨坐幽簧裏
彈琴複長嘯
深林人不知
明月來相照

Assis, solitaire, dans le bois dense de bambous
Je gratte le luth en chantant à pleine voix
La forêt est profonde, personne ne m’entend
Seule la lune me caresse de sa lumière limpide

Traduction de Shi bo

Une autre calligraphie de ce poème au format 45 x 35

Un proverbe citant le luth

琴韻逐風逝

qín yùn zhú fēng shì

le beau son du luth chevauche le vent doux

un poème de Cha ching hsing qui parle d’étoiles et de lucioles pour fêter le rapprochement de Saturne et de Jupiter

Dans les nuits du 20 et du 21 décembre 2020, les planètes Saturne et Jupiter seront très proches et visibles à l’œil nu plein sud-ouest juste après le coucher du soleil.

Pour plus de renseignement
le site d’astronomie où j’ai trouvé ces renseignements


Pure coïncidence si je travaillais depuis quelques temps
ce poème de
查慎行 ?

舟中書所見
查慎行

月黑漁見燈
孤光一點螢
微微風簇浪
散作滿河星

nuit dans la barque, décrivant ce que je vois
de Cha ching hsing (1650~1727)

sous la lune assombrie apparaissent les lampes des pêcheurs
la lumière solitaire d’une luciole,
quand le vent léger éveille les vagues,
dispersée remplit le fleuve d’étoiles

« De l’art poétique de vivre en automne » p 76  – Edition Moundarren


Une calligraphie au même format (70 x 45) de ce  poème avec une autre composition

et cette dernière dans un format plus petit (45 x 35)


Chemin faisant j’ai découvert sur le site de la vidéothèque du CNRS
l’histoire de l’une des premières carte astronomique de l’astronomie chinoise antique.

Il s’agit de l’atlas de Dunhuang composé vers 649-684,
sous la dynastie Tang (618-907).

le dieu de la foudre

Pour en savoir plus, vous pouvez :

voir le film de la vidéothèque du CNRS
La carte céleste de Dunhuang

A noter que La vidéothèque du CNRS sera fermée du 24 décembre au 03 janvier inclus.

et écouter l’émission de france-inter
https://www.franceinter.fr/emissions/les-savanturiers/les-savanturiers-14-mai-2017

Bon solstice d’hiver 2020 …

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Wang Wei – Un soir d’automne dans un chalet de montagne

王维 – 山居晚秋

Wang Wei (701 – 761)
Un soir d’automne dans un chalet de montagne

Un poème de Wang Wei calligraphié en xingcao en 2020 – © corinne leforestier

空山新雨後
天氣晚來秋
明月松間照
清泉石上流
竹喧歸浣女
蓮動下漁舟
隨意春芳歇
王孫自可留

Dans la montagne déserte
La pluie est tombée à nouveau
Le soir il fait déjà un temps d’automne
Le clair de lune se répand entre les pins
La source limpide galope sur le gravier
Des bambous parviennent
Des cris des lavandières sur le chemin de retour
Les lotus dansent au passage des bateaux
Les plantes printanières sont fanées depuis longtemps
Mais vous pouvez rester ici mes amis charmants

Traduction de Shi bo


Le premier vers de ce poème

Dans la montagne déserte la pluie est tombée à nouveau

Jia Dao – Passant la nuit au kiosque de la famille Li

Un poème de Jia Dao calligraphié en xingcao en 2020 – © corinne leforestier

賈島-宿村家亭子

床頭枕是溪中石
井底泉通竹下池
宿客未眠過夜半
獨聞山雨到來時

Jia Dao (779 – 843)
Passant la nuit au kiosque de la famille Li

à mon chevet pour oreiller une pierre du ruisseau
la source au fond du puits communique avec l’étang au pied des bambous
passant la nuit ici, à minuit le voyageur ne dort pas encore
seul, j’écoute la pluie au moment où elle arrive de la montagne

« De l’art poétique de vivre en Automne » – Edition Moundarren


Dans ce poème, deux caractères ont une forme en caoshu (herbe folle) très semblable alors que la forme en kaishu (style régulier) est différente. Il s’agit des caractères :
bàn (moitié – une demi) et wèi (ne …pas encore) :

bian : de haut en bas kaishu, xingshu et 2 formes de caoshu Voyez-vous la différence dans la forme du bas ? wei : de haut en bas kaishu, xingshu et caoshu

 

Un troisième caractère a également une forme presque semblable en xingshu (style courant) :
il s’agit du caractère lái (arriver).

Ce caractère figurant dans de nombreux textes, il peut apparaître sous différentes formes.

Voici quelques variations : de gauche à droite – lái – calligraphié en kaishu, xingshu, et caoshu

En raison des ces ressemblances (faux amis ?), calligraphier en caoshu demande à la fois énergie, détente et concentration. C’est un vrai plaisir lorsque l’équilibre subtil est atteint. De nombreux exercices sont nécessaires.

Voici enfin deux autres compositions de ce même poème : la première dans le même format (70 x 45), le deuxième dans un format plus petit (50 x 37).

Les trois ensembles.
Une différence de composition existe entre celui du milieu et les deux autres : voyez-vous laquelle ?

Il s’agit de la signature → en deux colonnes sur celui du milieu et en une sur les autres !
Le nom de plume pinceau n’est pas le même non plus (d’où les différents sceaux).

A votre bonne attention…

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