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Un poème de Lu Yu : au cours de l’été

夏日
陸游

溪漲清風拂面
月落繁星滿天
數只船橫浦口
一聲笛起山前

au cours de l’été de Lu Yu (1125 – 1210)
au bord de la rivière au flot gonflé le vent frais caresse mon visage
la lune s’est couchée, un essaim d’étoiles remplit le ciel
quelques barques de guingois dans la crique
d’une flûte un air mélodieux s’élève sur la montagne en face

L’art de la sieste « L’été » – Edition Moundarren


Dans ce poème, 6 caractères comportent le radical eau:
shuǐ

Il s’agit des mots ruisseau, monter, limpide, tomber, plein/rempli et confluent.

Les voici calligraphiés successivement en kaishu, xingshu et caoshu

ruisseau

monter zhǎng

limpideqing

tomberluò

rempli, plein 滿 mǎn

confluent


le premier vers du poème

溪漲清風拂面

xī zhǎng qīng fēng fú miàn

au bord de la rivière au flot gonflé le vent frais caresse mon visage

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Pei Di – Colline Huazi – un poème calligraphié selon deux compositions

裴迪 – 華子崗

Un poème de Peidi calligraphié en xingcao en 2020 – 70 x 45 © corinne leforestier

Un poème de Peidi calligraphié en xingcao en 2020 – 70 x 45 © corinne leforestier

 

日落松風起
還家草露晞
雲光侵履跡
山翠拂人衣

Pei Di (716 – ?)
Colline HuaZi

Le vent se lève parmi les pins
Sur le chemin du retour la rosée évaporée, les herbes sont sèches
La lumière à travers les nuages illumine les traces de nos pas
La verdure de la colline caresse nos habits

Traduction de Shi bo


Et voici le même poème calligraphié sur un plus petit format en trois colonnes

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Un poème de Po Chu Yi

Un poème de Po Chu Yi calligraphié en xingcao en 2020 - © corinne leforestier

Un poème de Po Chu Yi calligraphié en xingcao en 2020 – © corinne leforestier


白居易

置琴曲機上
慵坐但含情
何煩故揮弄
風弦自有聲

Le Ch’in de Po Chu Yi (772 – 846)

Le ch’in est posé sur une table en bois noueux
bien qu’assis paresseusement, j’aspire à y exprimer mon sentiment
inutile d’agiter mes doigts
le vent caressant les cordes improvise un air

Po Chu Yi  « un homme sans affaire » – Edition Moundarren


Voici une autre calligraphie du même poème au même format (70 x 45)

et une autre dans un format plus petit (45 x 35)


le dernier vers du poème

風弦自有聲

fēng xián zì yǒu shēng

le vent caressant les cordes improvise un air

Le Ch’in (Guqin) est un instrument de musique traditionnel chinois à sept cordes de la famille des cithares
古琴

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Un poème de Han Shan

Un poème de Han Shan calligraphié en xingcao en 2020 70 x 50 – © corinne leforestier

寒山詩

碧澗泉水清
寒山月萃白
默知神自明
觀空境逾寂

Un poème de Han Shan (VII-VIIIè)

torrent de jade, source claire
la lune sur Han Shan, lumière blanche
compréhension tacite, l’esprit originellement clair
à contempler le vide s’épanouit le silence

Han Shan « merveilleux le chemin de Han shan » – Edition Moundarren


et voici 2 autres calligraphies du même poème


觀空

voir le vide

voir le vide : au pied du rocher - Chaudon - 11 avril 2020

 

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Un poème de Yang Wan Li : les oiseaux du froid calligraphié en deux formats

un poème de Yang Wan Li calligraphié en xingcao en 2020 sur papier de riz 70 x 45

寒雀 – 楊萬里

百千寒雀下空庭
小集梅梢語晚晴
特地作團喧殺我
忽然驚散寂無聲

Les oiseaux du froid – Yang Wan Li (1127-1206)

cent, mille oiseaux du froid descendent dans la cour déserte
un moment ils se rassemblent dans les branches du prunier,
parlent entre eux de cette belle soirée
ils forment des bandes pour jacasser, exprès me cassent les oreilles
soudain ils se dispersent, silence, plus un seul bruit

Yang Wan Li – le son de la pluie
Edition Moundarren

et voici une autre calligraphie du même poème sur petit format
(papier de riz 50 x 34)

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Wang Wei – un poème improvisé

王维 – 雜詩

calligraphié en xingcao  sur papier de riz 50 x 37 © Corinne Leforestier

君自故鄉來

應知故鄉事

來日綺窗前

寒梅著花未

Wang Wei (701 – 761)
Poème improvisé

Tu viens de mon pays natal,
Tu dois connaître ce qui s’y passe.
Le jour de ton départ le prunier grimpe à la fenêtre
malgré le froid, est-il déjà en fleurs ?

Traduction de Shi bo

Un poème de cheng hao : Lune d’automne

Voici un dernier poème d’automne avant de rentrer en hiver. Il sera l’occasion aussi de vous présenter quelques problèmes de mise en page.

un poème de Cheng Hao calligraphié en xingcao en 2019 – © corinne leforestier

秋月- 程颢

清溪流過碧山頭
空水澄鮮一色秋
隔斷紅塵三十里
白雲紅葉兩悠悠

Lune d’automne – chéng hào (1032-1085)

Le ruisseau limpide descend du sommet de la montagne émeraude
ciel et eau sont clairs, purs au milieu des couleurs d’automne
ici, séparé du monde de poussière par seulement trente li,
aussi insouciant que les nuages blancs et les feuilles rouges

de l’art poétique de vivre en automne
Edition Moundarren p 119


De la difficulté de la mise en page …

En travaillant cette calligraphie, je me suis aperçue que la composition (j’entends par là, l’agencement des caractères sur la feuille) n’est pas chose aisée.
Dans ce poème, 3 caractères, pourtant « simples », m’ont posé des problèmes sur la 3ème colonne en partant de la droite : 三十里 (signifiant 30 lis); ils se retrouvaient en face du caractère (signifiant un) de la deuxième colonne. Cela créait un vide et un déséquilibre dans la page.

En voici un autre exemple, où le pinceau dévie ensuite sur la droite pour tenter de rattraper ce défaut …

Sur la première calligraphie présentée dans cet article,  j’ai modifié la façon de calligraphier ces 4 caractères et ça me semble mieux.
Comparez ci-dessous la calligraphie du milieu par rapport à ses deux sœurs : ne semble-t-elle pas plus équilibrée et harmonieuse ?

Le chemin calligraphique est long.

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Un poème de Lu Yu : Crépuscule d’automne

un poème de Lu Yu calligraphié en xingcao en 2019 - © corinne leforestier

un poème de Lu Yu calligraphié en xingcao en 2019 – © corinne leforestier

暮秋 – 陸淤

舍前舍後養魚塘
溪北溪南打稻場
喜事一雙黃蛺蝶
隨人往來弄秋光

Crépuscule d’automne – Lu Yu (1125-1210)

devant la maison, derrière la maison, des étangs où l’on élève des poissons
au nord de la rivière, au sud de la rivière, des aires où l’on bat le riz
joyeux, deux papillons jaunes,
me suivent tandis que je vais et viens pour jouir du paysage d’automne

de l’art poétique de vivre en automne
Edition Moundarren p 55


et voici 2 autres calligraphies du même poème

un poème de Lu Yu calligraphié en xingcao en 2019 - © corinne leforestier

un poème de Lu Yu calligraphié en xingcao en 2019 - © corinne leforestier

les 3 vues ensemble

un poème de Lu Yu calligraphié en xingcao en 2019 - © corinne leforestier

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Un poème de Tsao Song : Journée d’été au pavillon de l’est

un poème de tsao song calligraphoé en xingcao

un poème de tsao song calligraphié en xingcao en 2019 – © corinne leforestier

夏日東齋朝代 -曹松

三庚到秋伏
偶來松檻立
熱少清風多
開門放山入

Journée d’été au pavillon de l’est – Tsao Song (IXe)

derniers tiers de l’été
à l’improviste j’arrive sur la balustrade sous les pins
la chaleur a diminué, le vent frais abonde
j’ouvre la porte et laisse entrer les montagnes

L’art de la sieste et autres plaisirs poétiques
Edition Moundarren p 124


et voici 2 autres calligraphies du même poème

poème de tsao song  calligraphié en xingcao en 2019 - © corinne leforestier

les 3 vues ensemble

poème de tsao song  calligraphié en xingcao en 2019 - © corinne leforestier

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Yuan Mei – Improvisation

calligraphié en xingcao sur papier de riz 50 x 70 © Corinne Leforestier


袁枚-偶成

安身浮世外
行止自徐徐
白鹭替迎客
春風為卷書

Yuan mei (1716-1797)
Improvisation

je me suis installé
en dehors du monde de poussière

en mouvement ou au repos
je vis à ma guise

ma grue blanche à ma place
accueille les visiteurs

le vent printanier pour moi
tourne les pages du livre

Yuan Mei « Epicurien taoïste » – Edition Moundarren


 et voici 2 autres calligraphies du même poème :
aiguisez votre sens de l’observation en repérant les différences …

Les 3 calligraphies ensemble …


♦♦♦♦♦

La grue blanche vous salue …

aquatinte au sucre sur zinc 15 x 10 – 2009 © Corinne Leforestier

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