La lande

Calligraphier m’emmène sur les traces des poètes chinois.
Peindre c’est aussi  poursuivre un voyage …

La lande – technique mixte sur toile 150 x 120 – 2014 – © Corinne Leforestier

En écho, ce poème de Kenneth White

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Lettre à un vieux calligraphe

Cent jours passés
par les grèves et les montagnes

à l’affût
du héron et du cormoran

puis écrire ceci
à la lisière du monde

dans un silence devenu
une seconde nature

et connaître à la fin
dans le crâne, dans les os

le sentier du vide.

Kenneth White – un monde ouvert
Poésie / Gallimard p 47

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Qiu Wei – Je cherche l’ermite de la colline de l’ouest sans pouvoir le rencontrer

丘為-尋西山隱者不遇

un poème de qiu wei calligraphié en kuangcao en 2019 - © corinne leforestier un poème de wang wei calligraphié en caoshu en 2019 - © corinne leforestier

Poème de Qiu Wei calligraphié en caoshu – 2019 © corinne leforestier

絕頂一茅茨   直上三十里
扣關無童僕   窺室唯案幾
若非巾柴車   應是釣秋水
差池不相見   黽勉空仰止
草色新雨中   松聲晚窗里
及茲契幽絕   自足蕩心耳
雖無賓主意   頗得清靜理
興盡方下山   何必待之子

Qiu Wei (8ème siècle)
Je cherche l’ermite de la colline de l’ouest sans pouvoir le rencontrer

Pour atteindre votre chaumière perchée au sommet de la colline
Il faut grimper plus de trente li
Je frappe à votre porte, aucune réponse
Je regarde à l’intérieur, votre table de lecture est déserte
Il se peut que vous soyez parti
En voyage dans votre charriot
Ou à la pêche au bord de l’eau d’automne
A mon grand regret je ne vous ai pas croisé sur le chemin
Oh! Combien est grande ma déception difficile à réprimer

La récente pluie offre une verdure fraîche aux herbes
Le chuchotement des pins vibre le soir à la fenêtre
Je savoure les délices de cette quiétude
Qui purifie mes oreilles du bruit, mon âme du souci
Certes nous n’avons pu nous rencontrer
Mais j’ai compris pourquoi vous vous adonnez à cette pureté de la vie
Au comble de la joie je redescends de la montagne
Il n’est plus besoin d’attendre votre retour

Traduction de Shi Bo

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Zhuang Zi (Tchouang Tseu), le rêve du papillon : 3 livres uniques sur « cahier impérial »

tchouang tseu: : le rêve du papillon celligraphies et encres de Corinne Leforestier

couverture de l’exemplaire N°3

3 exemplaires sur « cahier impérial »
14 x 17 – 11 encres
© Corinne Leforestier

莊周夢蝶
昔者莊周夢為胡蝶,栩栩然胡蝶也。自喻適志與!不知周也。俄然覺,則蘧蘧然周也。不知周之夢為胡蝶與?胡蝶之夢為周與?周與胡蝶,則必有分矣。此之謂物化。

 

le rêve du papillon de tchouang tseu - calligraphie et encre de corinne leforesierZhuang Zi (4ème siècle avt.)
Le rêve du papillon
Jadis, Zhuangzi rêva qu’il était papillon, voletant heureux de son sort, et ignorant qu’il était Zhuangzi.
Soudain il s’éveilla, indiscutablement Zhuangzi lui-même. Il ne sut plus si c’était Zhuangzi qui s’était rêvé papillon, ou un papillon qui rêvait être Zhuangzi.
Entre Zhuangzi et un papillon, il doit bien exister une différence !
C’est ce qu’on appelle la Transformation des choses.

feuilletez l’exemplaire N°3
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Le maître à la cascade

Dans divers poèmes chinois, comme celui de Jia Dao,
le maître est parti …  Mais Où ?

J’ai imaginé cette peinture « le maître à la cascade »
pour le chercher. Le trouverez-vous ?

Le maître à la cascade - technique mixte sur toile 150 x 120 – 2015 © corinne leforestier

Le maître à la cascade – technique mixte sur toile 150 x 120 – 2015  © Corinne Leforestier

Voici un  texte de Guillevic qui pourrait  faire écho…

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Où ?

Ce qui n’est pas dans la pierre,
Ce qui n’est pas dans le mur de pierre et de terre,
Même pas dans les arbres,
Ce qui tremble toujours un peu,
Alors c’est dans nous.

Guillevic Sphère
poésie/Gallimard p 39

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Une sentence de Li Dongyang

un vers  de li dongyango calligraphié en kuankcao en 2019 - © corinne leforestier

 

 

老來無夢不山林

l’âge venant,
nul rêve qui ne soit
de montagnes et forêts

李東陽

Li Dongyang (1447-1513)

 

 

calligraphié en caoshu par Corinne Leforestier

scau de signature

Wang Wei – Visite du Temple Xiangji

王维 – 过香积寺

un poème de wang wei calligraphié en caoshu en 2019 - © corinne leforestier

calligraphié en caoshu sur papier de riz 50 x 70 © Corinne Leforestier

不知香积寺

数里入云峰

古木无人径

深山何处钟

泉声咽危石

日色冷青松

薄暮空潭曲

安禅制毒龙

Wang Wei (701 – 761)
Visite du Temple Xiangji

Ne sachant pas où se situe le Temple Xiangji
Je marche quelques li et me perds dans les monts ennuagés
La forêt trop dense, sans aucun sentier à suivre
D’où me parvient alors ce son des cloches
Qui résonne dans cette montagne si profonde ?
Une source chuchote parmi des rochers abrupts
Des rayons froids du soleil filtrent entre les pins verts
La nuit tombe sur l’étang calme
Je prie de maîtriser le dragon énorme

Traduction de Shi bo

Jia Dao – Visite à l’ermite sans le trouver

un poème de jja dao calligraphié en caoshu en 2019 - © corinne leforestier

calligraphié en caoshu sur papier de riz 50 x 70 © Corinne Leforestier

賈島尋隱者不遇

松下問童子

言師採藥去

只在此上中

雲深不知處

Jia Dao (779 – 843)
Visite à l’ermite sans le trouver

Sous un pin j’interroge le garçon
Il me dit que son maître est parti chercher des herbes médicinales
Certainement l’ermite est quelque part dans cette montagne
Mais on ne sait où le trouver les nuages sont tellement profonds

Traduction de Shi Bo

 

Une sentence d’après Du Fu

une sentence de dufu calligraphié en kuankcao en 2019 - © corinne leforestier

calligraphié en kuangcao  sur papier de riz 50 x 150 © Corinne Leforestier

杜甫
秋邊响起一雁聲
高瓊月是故鄉明

Du Fu (712 – 770)

Soudain, l’automne est troublé par le cri d’une oie sauvage
Au palais céleste, la lune de mon pays natal me paraît la plus lumineuse

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