Cet été , sans doute inspirée par la canicule, j’ai fait quelques gravures de glaciers et d’avalanches. Je les ai tirées en différentes couleurs.
Elles seront prochainement exposées à la galerie.
« Dans le chaos d’une avalanche, deux pierres s’épousant au bond purent s’aimer nues dans l’espace. L’eau de neige qui les engloutit s’étonna de leur mousse ardente ».
Hangzhou est le refuge de cœur de Su Shi . Il y séjourne de 1071 à 1074.
Gouverneur à deux reprises, il a fait construire la digue qui porte son nom sur le Lac de l’Ouest.
Lac de l’ouest attribué à Li Song – Dynastie des Song du Sud (1127-1279) – Source
Buvant sur le Lac, au début il fait beau, ensuite il se met à pleuvoir – Su Dongpo(1037~1101)
Le miroitement des eaux est superbe par beau temps
La brume sur les monts sous la pluie est aussi merveilleuse
Si l’on compare le Lac de l’Ouest à la belle Xishi
Parée d’un fard léger ou vif, elle est toujours ravissante
Il passe dans cette ville (capitale des Song, nommée alors Biànjīng) ses examens impériaux avec brio. C’est le centre de sa vie politique mouvementée.
il y revient en 1085 , dirige le grand secrétariat de l’académie de Hanlin
« long de la rivière pendant le festival Qingming » (détail) – l’oeuvre complète 清明上河圖 de Zhang Zeduan est à retrouver ici
Du fleuve contemplant les montagnes – Su Dongpo(1037~1101)
La vie est comme une ombre fugace,
comme les empreintes d’une oie sauvage sur la neige. Une trace fortuite subsiste dans la boue,
mais l’oie s’envole, pour ne jamais revenir.
Le vieux moine est mort, son nouveau stupa se dresse ;
l’ancienne inscription sur le mur délabré a disparu.
Te souviens-tu encore du chemin escarpé d’antan ?
Le chemin était long, le voyageur las, et l’âne ne cessait de braire.
« Su Tung Po – rêve de printemps » – Edition Moundarren
L’été dernier, j’ai repris la lithographie.
Je n’en avais pas fait depuis 2021.
Ce furent beaucoup d’essais et quelques réussites notamment cet oiseau qui m’a bien plu.
Les autres lithographies 2025 sont à retrouver sur mon site ici
Peindre d’abord une cage avec une porte ouverte peindre ensuite quelque chose de joli quelque chose de simple quelque chose de beau quelque chose d’utile pour l’oiseau placer ensuite la toile contre un arbre dans un jardin dans un bois ou dans une forêt se cacher derrière l’arbre sans rien dire sans bouger… Parfois l’oiseau arrive vite mais il peut aussi bien mettre de longues années avant de se décider Ne pas se décourager attendre attendre s’il le faut pendant des années la vitesse ou la lenteur de l’arrivée de l’oiseau n’ayant aucun rapport avec la réussite du tableau Quand l’oiseau arrive s’il arrive observer le plus profond silence attendre que l’oiseau entre dans la cage et quand il est entré fermer doucement la porte avec le pinceau puis effacer un à un tous les barreaux en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l’oiseau Faire ensuite le portrait de l’arbre en choisissant la plus belle de ses branches pour l’oiseau peindre aussi le vert feuillage et la fraicheur du vent la poussière du soleil et le bruit des bêtes de l’herbe dans la chaleur de l’été et puis attendre que l’oiseau se décide à chanter Si l’oiseau ne chante pas c’est mauvais signe signe que le tableau est mauvais mais s’il chante c’est bon signe signe que vous pouvez signer Alors vous arrachez tout doucement une des plumes de l’oiseau et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.
Depuis quelque temps je passe l’après-midi dans les ravins à dessiner.
Tous les dessins sont réalisés sur un papier A4.
Pour vous mettre dans l’ambiance, voici un son capté et un texte qui tente de décrire ce que je cherche …
Le pinceau suit le mouvement des feuillages, de l’eau, des rochers du ravin, il saute, danse, virevolte.
Le geste devient malhabile à poursuivre les rayons de lumières, le frémissement du vent.
On perd le fil, on n’y voit plus rien, on en oublie où on est.
Le bruit blanc de l’eau tournoie dans la tête, la trame de l’espace se délite…
Soudain, à nouveau, une forme accroche le regard : vite tremper le pinceau dans l’encre, poser la tache. Est-ce cela ? Non… Mais, presque ! On y était, dans cette feuille du chêne se balançant au vent. On a bien senti le courant d’air.
Quelle jubilation quand le temps d’un dessin, le sentiment du vivant nous traverse.
Tous ces moments de plénitude finiront en gravures ou peintures, et en envies de recommencer à jouer, être là :
commencer cette fois par l’ombre que le rocher jette dans l’eau, suivre les verts bariolés des feuilles jusqu’au ciel, contourner le nuage qui s’évapore déjà, redescendre de branches en branches jusqu’au rocher ensoleillé ; plonger dans l’eau ! Il faut dire, il fait si chaud en cet après-midi de juin…
Corinne Leforestier – Chaudon – juin 2025
Et vous, avez-vous envie de vous perdre dans le paysage ?
Où vous poseriez-vous ?
Le blog prend ses quartiers d’été : prochaine mise à jour le 27 juillet
Depuis longtemps, j’étouffais dans ma peau.
Un jus brûlant coulait avec ma sève
Et je commence à croire que j’existe.
Ô ciel, un bras qui me sort de l’écorce
Et veut déjà toucher, goûter le vide
Où s’étendaient mes branches anxieuses !
Je pousse un nez, un œil et des oreilles
Comme des fruits longuement médités.
Je tends aussi mille bourgeons guettant
L’odeur du monde et le cri d’une rose.
Il va me naître un ventre où le désir
Dresse l’avide élan vers une étreinte !
Mon cœur de bois veut faire un long signal,
Ma chevelure en fleur plaît aux oiseaux
Et quelquefois un orage sans gîte
Vient pondre un œuf noir entre mes épaules.
Je ne sais si la fièvre m’appartient
Que je sens battre au fond de mes racines.
Est-ce l’appel d’un soleil invisible
Plus exigeant même que le soleil ?
Son feu me brûle et me glace à la fois.
J’abonde et je retiens, j’invente un dieu,
Mais j’obéis à ce dieu que j’invente
… Trésor et flamme ! Et quant aux hirondelles,
J’en fais éclater des volées !…
Norge – Les coq-à-l’âne – Gallimard NRF
Voici quelques détails de la peinture à contempler, écouter ?